dimanche 22 octobre 2017

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Mobilisation des juges antiterroristes à Paris

Jean Chichizola, le Figaro

jeudi 8 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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Une cinquantaine de hauts magistrats de neuf pays se réunissent aujourd’hui pour lancer les bases d’un « réseau de Paris » en matière antiterroriste.

À L’HEURE où les services de renseignements craignent une vague d’attentats d’al-Qaida, Paris est pour quelques heures la capitale de la justice antiterroriste. À l’invitation du ministre de la Justice, Pascal Clément, une cinquantaine de hauts magistrats venus de neuf pays, se réunissent aujourd’hui place Vendôme pour lancer les bases d’un « réseau de Paris » visant à donner un coup d’accélérateur à la coopération internationale dans ce domaine.

Outre la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni mais aussi les États-Unis d’Amérique, l’Indonésie et le Maroc ont envoyé des représentants. Au-delà de leur engagement contre le terrorisme, et tout particulièrement le terrorisme islamiste, ces pays ont en commun d’avoir confié cette lutte à des magistrats spécialisés dans le cadre de structures centralisées. Ce « groupe de Paris » pourrait s’ouvrir à d’autres pays à l’avenir.

Cette brochette de professionnels, dont le Français Bruguière et l’Espagnol Garzon, n’est pas seulement venue pour la photo de famille ou pour délivrer le couplet, trop souvent vide de substance, sur « la lutte commune contre le terrorisme ». La réunion de Paris témoigne d’une nouvelle réalité. En dépit des retards, des mauvaises volontés et des égoïsmes nationaux, la coopération judiciaire devient incontournable pour les magistrats et policiers antiterroristes qui doivent mieux connaître leurs homologues et leurs systèmes juridiques.

Dans le cadre européen tout d’abord, douze équipes communes d’enquête impliquant la France et un de ses partenaires ont été mises en place depuis septembre 2004. Cinq équipes franco-espagnoles sont chargées de dossiers terroristes (quatre dans le domaine basque et un dans celui du terrorisme islamiste) et cinq autres d’affaires de trafics de stupéfiants dans le cadre desquels coopèrent des policiers et magistrats de Paris, Madrid, Bordeaux, Rennes, Marseille ou Alicante. L’axe franco-espagnol a fait école : une équipe commune d’enquête franco-belge a été créée en juillet 2006 sur un groupe d’islamistes démantelé ces dernières semaines à Toulouse, à Bruxelles et en région parisienne. Une équipe franco-allemande a enfin été créée le 19 février sur les activités d’un groupe terroriste d’extrême gauche turc. L’intérêt est énorme pour les policiers français, et leurs partenaires, qui peuvent assister aux opérations à l’étranger (interrogatoires, perquisitions), avoir directement accès aux éléments de preuves saisis et même entendre directement les suspects interpellés. Le tout en temps réel.

Liens extra-européens

Des groupes bilatéraux permettent également de resserrer les liens avec des pays extra-européens. C’est le cas du groupe franco-américain sur le terrorisme et la criminalité organisée réuni une fois par an depuis 2003 ou du groupe franco-marocain sur le terrorisme qui doit voir le jour cette année. Le 17 janvier, les parquets espagnols, français et marocains ont signé un accord antiterroriste prévoyant notamment un partage « en temps réel et systématique » de toute information concernant l’un des trois pays.

La voie est dont toute tracée pour les magistrats du « réseau de Paris ». Quant aux terroristes, ils continueront à vouloir frapper l’infidèle ou le renégat, qu’ils se trouvent à Paris, New York, Bali ou Casablanca.


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