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La création du SCRS n’a pas accru la sécurité

Presse Canadienne

jeudi 8 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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Le Canada n’est pas devenu plus sûr parce qu’on a dépouillé la Gendarmerie royale du Canada de sa responsabilité en matière de collecte du renseignement et qu’on l’a confiée au SCRS (le Service canadien du renseignement de sécurité). Au contraire, c’est devenu un endroit plus dangereux, soutient un ancien haut gradé de la GRC.

Henry Jensen, qui témoignait mercredi à l’enquête publique sur l’attentat d’Air India, n’est pas allé jusqu’à établir un lien direct entre la création du SCRS en 1984 et l’attentat terroriste qui a été commis l’année suivante.

Mais il a peint en rose le fonctionnement des activités du renseignement sous la GRC, le comparant avec les difficultés rencontrées sous le nouveau régime.

Ces affirmations ont incité le juge John Major, qui préside l’enquête, à se demander si les choses s’étaient améliorées depuis que M. Jensen a pris sa retraite de son poste de commissaire adjoint de la GRC, en 1989. « Le Canada était-il un endroit plus sûr après que le SCRS ait été mis sur pied comme agence distincte de la GRC ? », a demandé le magistrat.

« Vous voulez vraiment savoir ce que je pense ? a répondu M. Jensen. Non. Je pense que le Canada est devenu un lieu plus risqué (...). »

Plusieurs estiment que la rivalité entre la GRC et le SCRS a joué un rôle dans l’incapacité des autorités à prévenir l’attentat d’Air India, et dans les problèmes récurrents qui ont marqué l’enquête subséquente.

Interrogé sur cette question, M. Jensen a absous ses anciens collègues de tout blâme pour l’imputer carrément à l’autre partie. Il a soutenu que le SCRS, nouvellement créé, cherchait à « délimiter son territoire ».

D’autres ont été moins charitables dans leur évaluation du rôle joué par la GRC dans cette rivalité.

Entendu mercredi, Jean-Paul Brodeur, expert en sécurité de l’Université de Montréal, a déclaré au cours de son témoignage que les choses étaient compliquées par le fait que Roger Simmonds, alors commissaire de la GRC, n’a jamais accepté la perte de cette responsabilité en matière de sécurité.

Selon lui, la GRC estimait que le terrorisme relevait d’elle. « Alors vous aviez deux services d’enquête qui se faisaient concurrence. »

L’attentat de juin 1985 contre un appareil d’Air India a fait 329 morts.


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