lundi 23 octobre 2017

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Les deux discours du candidat de l’UMP sur la défense

Laurent Zecchini, le Monde

jeudi 8 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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La défense, c’est un "sujet où l’essentiel est en jeu", a souligné Nicolas Sarkozy, mercredi 7 mars, lors de la journée que l’UMP a consacré à ce thème. C’est aussi "un sujet passionnant qui doit faire débat", avait-il indiqué. Ces deux remarques ont été rapidement validées. Il y a eu en effet deux discours du candidat de l’UMP. Le premier, très critique pour les socialistes et Ségolène Royal, a été distribué à la presse et mis en ligne sur le site officiel de l’UMP. Ainsi placé dans le domaine public, il était à la disposition de la presse et des internautes (vers 22 heures, il a été remplacé par une vidéo).

Le second a été prononcé à la tribune par M. Sarkozy, qui a nettement édulcoré ses propos par rapport au texte écrit. La question est de savoir pourquoi. L’"essentiel" auquel pense M. Sarkozy est l’élection présidentielle. Or la montée de François Bayrou dans les sondages inquiète l’UMP. L’hypothèse d’un duel Sarkozy-Bayrou au second tour est un scénario catastrophe pour son président, qui n’est alors pas du tout sûr de battre un candidat centriste bénéficiant d’une partie des voix de l’électorat socialiste. Il est donc très stratégique de ménager Mme Royal, afin qu’elle ne s’effondre pas dans les intentions de vote.

A la tribune, M. Sarkozy a donc critiqué mezza voce l’opposition de la candidate socialiste à la construction d’un second porte-avions : "Il est quand même curieux de dire aux Français : choisissez soit l’éducation, soit la sécurité !" Dans la version écrite de son discours, le ton est plus cursif. M. Sarkozy dénonce "l’incurie des gouvernements socialistes" et qualifie d’"absurde" l’opposition entre défense et éducation.

Il ajoute : "C’est faire preuve de beaucoup de naïveté, de cynisme et à coup sûr de légèreté que de reconnaître le besoin effectif d’un second porte-avions, et de répondre par une pirouette en invoquant l’Europe comme solution au problème. C’est abuser les Français à la fois sur leur sécurité et sur l’Europe."

Ce n’est pas le seul sujet sur lequel M. Sarkozy a estimé prudent de tempérer ses propos : évoquant dans son texte la divergence entre le ministère de la défense et le ministère de l’intérieur sur le statut de la gendarmerie, il indique que celle-ci doit conserver son statut militaire, même si, ajoute-t-il, "je crois à la nécessité d’un rattachement encore plus direct et plus clair au ministre de l’intérieur". C’était là, en effet, prendre le risque de déclencher une belle polémique avec le ministère de la défense.

A la tribune, le candidat UMP a souligné que, "dans une démocratie moderne, il ne saurait y avoir de domaines réservés, à plus forte raison quand les domaines réservés touchent à l’essentiel". Et son conseiller politique François Fillon d’ajouter : "La France est le seul pays démocratique où le chef de l’Etat décide seul des choix stratégiques et des opérations militaires..."


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