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Ecoutes de l’Elysée : Carole Bouquet et Jean-Michel Beau obtiennent réparation en appel

Le Monde, avec AFP

mardi 13 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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Déboutés en première instance, en janvier 2005, l’actrice Carole Bouquet et le lieutenant-colonel Jean-Michel Beau ont obtenu en appel, mardi 13 mars, des dommages et intérêts pour atteinte à l’intimité de leur vie privée dans l’affaire des écoutes de l’Elysée. La première recevra un euro symbolique ainsi que 6 000 euros pour ses frais d’avocats. Le second, également partie civile dans cette affaire, obtient 5 000 euros de dommages et intérêts et 10 000 euros pour ses frais d’avocat.

La cour d’appel de Paris a aussi ordonné la publication de deux communiqués dans la presse, qui devra être payée par les principaux auteurs des écoutes, tels Christian Prouteau. "Par arrêt du 13 mars 2007, la cour d’appel a ordonné de réparer les préjudices subis à raison de l’atteinte portée à l’intimité de sa vie privée", pour Carole Bouquet et Jean-Michel Beau, indique ces textes.

La cour a confirmé la peine de six mois avec sursis et 5 000 euros d’amende infligée en première instance à Paul Barril, ex-membre de la cellule de l’Elysée, poursuivi pour "recel de documents". L’ancien officier de gendarmerie était le seul prévenu de ce dossier à avoir fait appel de sa condamnation. Dans son réquisitoire prononcé le 8 décembre 2006 devant la cour, l’avocat général Antoine Bartoli n’avait pourtant requis aucune peine, estimant que les éléments à charge contre le capitaine Barril s’étaient "délités" au cours du procès en appel.

DES ÉCOUTES POUR PROTÉGER L’ÉLYSÉE

La cellule de l’Elysée, qui devait essentiellement servir à la lutte antiterroriste après les sanglants attentats perpétrés en 1982 rue Marbeuf et rue des Rosiers à Paris, avait surtout cherché à étouffer certaines affaires compromettantes pour le pouvoir ou à préserver les secrets d’alcôve du président : de nombreuses personnalités avaient été placées sur écoute pour le compte de l’Elysée entre 1983 et 1986.

Carole Bouquet, dont le domicile avait été écouté pour de présumés "contacts" de son compagnon avec la Libye, n’était pas présente à l’audience mardi, mais elle a salué après le verdict une "grande victoire" pour la vie privée. "Ce jugement, en 24 ans de combat, constitue le premier jour de lumière judiciaire", a déclaré, ému aux larmes, Jean-Michel Beau, qui estime avoir été placé sur écoutes parce qu’il voulait "révéler la vérité" dans l’affaire "pourrie" des Irlandais de Vincennes : en août 1982, des membres du GIGN, sous la direction de Christian Prouteau, perquisitionnent, suite à l’attentat de la rue des Rosiers à Paris, le domicile de Michael Plunkett à Vincennes. Les gendarmes affirment alors avoir découvert des explosifs. L’enquête prouvera qu’ils les avaient placés eux-mêmes.


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