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Le pacte de sécurité signé entre Tokyo et Canberra inquiète Pékin

Philippe Pons, le Monde

mercredi 14 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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En signant un pacte de sécurité, mardi 13 mars, l’Australie et le Japon, principaux alliés des Etats-Unis dans le Pacifique, ont scellé une alliance tripartite perçue avec une certaine inquiétude par la Chine. Aux termes de l’accord, paraphé à Tokyo au cours de la visite du premier ministre australien John Howard, l’Australie et le Japon s’engagent à renforcer leur coopération militaire dans les domaines de l’entraînement de leur armée, de missions de maintien de la paix et d’assistance en cas de désastres, de lutte contre le terrorisme et de protection des voies maritimes. Un échange d’informations des services de renseignement est envisagé.

L’accord nippo-australien est le premier pacte de coopération militaire permanente signé par le Japon depuis le traité de sécurité conclu avec les Etats-Unis en 1951 qui, révisé puis élargi aux "zones limitrophes" de l’Archipel, demeure la pierre angulaire de la politique extérieure de Tokyo. Les Etats-Unis, qui se sont engagés à défendre l’Archipel en cas d’attaque, y entretiennent des bases militaires où sont stationnés 47 000 hommes. Cette coopération trilatérale entre l’Australie, les Etats-Unis et le Japon constitue "un élément important pour la paix et la stabilité en Asie de l’Est", écrit le quotidien de centre droit Yomiuri.

Les armées australienne et japonaise ont déjà coopéré notamment en Irak : les troupes australiennes ont assuré la sécurité du petit contingent japonais (600 hommes) déployé jusqu’en juillet 2006 à Samawa, au sud du pays, dans le cadre d’une mission non combattante. La Constitution pacifique du Japon impose des contraintes à tout recours à la force. Elles furent partiellement tournées dans le cas de l’Irak par une loi spéciale qui permit le premier déploiement des troupes japonaises en zone de guerre depuis la défaite de 1945.

Washington a encouragé la coopération militaire entre Canberra et Tokyo. Elle se traduira par un dialogue régulier des ministres des affaires étrangères et de la défense des deux pays ainsi que de leur allié commun américain. Parmi les intérêts stratégiques communs des trois pays figurent les questions de prolifération des armes de destruction massive et la menace nord-coréenne, précise le communiqué.

"VALEURS COMMUNES"

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, et son homologue australien, John Howard, se sont efforcés de rassurer la Chine sur leurs intentions. "Cette alliance ne vise pas à contenir la Chine et n’a pas Pékin en ligne de mire", a déclaré M. Abe. "Elle ne contribuera pas à une militarisation de la région", a affirmé, pour sa part, M. Howard. Pékin a réagi avec flegme : "Nous espérons que MM. Abe et Howard disent la vérité", a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Qin Gang.

Soucieux du poids grandissant de la Chine, le Japon cherche à renforcer ses liens avec les pays avec lesquels il "partage des valeurs communes". La formule, martelée par Tokyo, fait essentiellement référence dans la région à l’Australie et l’Inde. De son côté, M. Howard a déclaré que son pays "n’a pas de meilleur ami et de partenaire plus fiable en Asie-Pacifique que le Japon". Les dépenses militaires chinoises et l’influence planétaire de Pékin, de l’Asie-Pacifique à l’Afrique, préoccupent Tokyo. Le renforcement de la coopération militaire avec l’Australie s’inscrit dans le souci de contrebalancer la montée en puissance chinoise.

Le premier ministre australien John Howard (gauche) et son homologue japonais Shinzo Abe, lors de la signature du pacte de sécurité à Tokyo, le 13 mars 2007. - REUTERS/POOL


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