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Atos Origin est courtisée par deux fonds d’investissement

Valérie Collet, le Figaro

vendredi 16 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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L’entreprise française a suspendu la cotation de son action hier en raison des spéculations.

ATOS ORIGIN est courtisée de très près par plusieurs fonds d’investissement. Hier, la société de services informatiques a même dû suspendre le cours de son action en raison de son envolée. Elle avait pris 23 % dans la matinée à la suite d’une rumeur d’offre d’achat provenant de deux fonds : Permira et Centaurus. Lorsque la cotation a repris dans l’après-midi, le titre était en hausse de 19,39 %, à 47,22 euros.

Entre-temps, la direction de la société française a précisé dans un communiqué laconique qu’« en dépit de manifestations d’intérêt, non constitutives d’offres, qui lui ont été faites, elle n’est engagée dans aucun projet d’opération financière portant sur son capital ». Atos Origin fait régulièrement l’objet de rumeurs. Il y a quelques mois, les spéculations allaient bon train sur un éventuel rapprochement avec T-System, la filiale informatique de Deutsche Telekom. Il avait aussi été question de l’intérêt de Blackstone, un fonds américain.

Carnets de commande bien garnis

Cette fois, les deux fonds évoqués hier par l’agence de presse Dow Jones auraient fait une offre à 58 euros par action, ce qui représente une prime de 40 % par rapport au cours de clôture de mercredi. Les courtiers ont jugé que ce montant était particulièrement élevé. Toutefois la maison de courtage CA Cheuvreux a noté que le prix évoqué ne représentait qu’une hausse de 16 % par rapport à son objectif de cours, de 50 euros. « Une offre à 58 euros par titre valoriserait Atos à un niveau tout à fait décent », estime ainsi CA Cheuvreux dans une note à ses clients.

Même si l’entreprise a beaucoup déçu les investisseurs ces derniers mois, la société de services informatiques, dont la principale activité reste l’infogérance, représente une proie intéressante pour des fonds. Plusieurs éléments en font une cible de choix. D’abord son faible endettement (360 millions d’euros en 2006) pourrait jouer en faveur d’une opération de LBO (Leverage Buy Out), une acquisition avec effet de levier qui repose justement sur le principe de l’endettement. Par ailleurs, les activités d’Atos Origin offrent une bonne visibilité à long terme. Les contrats d’infogérance sont pluriannuels. Les carnets de commandes sont bien garnis. Le management, récemment remodelé par le fondateur historique, Bernard Bourigeaud, pourrait également jouer son rôle dans une opération de LBO.

À l’heure actuelle, Centaurus possède déjà 9,5 % d’Atos. Quant à Permira, encore absent du capital, il est spécialisé dans les opérations de LBO. Les dirigeants d’Atos Origin ont précisé hier qu’ils maintenaient le cap fixé au début de l’année : « la société se concentre sur l’exécution de son plan de transformation. » L’entreprise a annoncé au début du mois une perte nette de 264 millions d’euros en 2006 contre un bénéfice de 235 millions d’euros l’année précédente. Le fameux « plan » doit doubler la marge opérationnelle d’ici à 2009. Il prévoit également d’accroître la part des activités réalisées dans des pays à bas coûts. Les missions délocalisées de la division intégration de systèmes devraient ainsi passer de 6 % à l’heure actuelle à 20 % en 2009. Un plan ambitieux dont les fonds apprécieront d’en recueillir les fruits.


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