lundi 23 octobre 2017

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Sécurité : des candidats sous souple surveillance

Dominique Rizet et Aziz Zemouri, le Figaro

samedi 17 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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Ceux qui briguent l’Elysée n’ont pas droit à une protection, à moins d’en faire la demande ou d’être menacés. Les hautes personnalités sont pourtant sous bonne garde. Explications sur le fonctionnement d’un service discret.

Le geste d’un fou... Voilà le pire cauchemar des services de sécurité chargés de la protection des candidats à l’élection présidentielle. Le contrôleur général de la police nationale, Gilles Furigo, « patron » de la sous-direction du Service de protection des hautes personnalités (SPHP) chargé des « personnalités françaises », explique : « Ce genre d’acte est totalement imprévisible. Maxime Brunerie qui tire, depuis la foule, sur le président de la République, l’homme qui poignarde M. Douste-Blazy en mai 1997 à Lourdes ou encore le coup de couteau porté à M. Delanoë en 2002 lors de la Nuit blanche. Voilà ce que nous craignons le plus : l’acte d’un déséquilibré. »

Rompu à la protection des personnalités depuis 1935 - il avait été créé un an après le traumatisme causé par l’assassinat, le 19 octobre 1934, du roi de Yougoslavie à Marseille -, le service des voyages officiels appelé aujourd’hui Service de protection des hautes personnalités assure jour et nuit, 365 jours par an, la sécurité du Premier ministre, des membres du gouvernement, des présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale, du Conseil économique et social, des anciens présidents de la République et de leurs épouses et des anciens Premiers ministres (le président de la République est protégé par le Groupe de sécurité de la présidence de la République - GSPR -, composé de gendarmes et de policiers).

Pas d’idées politiques

La protection des candidats à l’élection présidentielle est une mesure relativement nouvelle : « En 1994, explique Gilles Furigo, nous avons dépoussiéré nos textes et trois décrets ont été signés le 19 octobre, confirmés en 1995 par une circulaire d’application pour que soit assurée dans notre pays la protection des candidats à l’élection présidentielle, à l’image de ce que font les autres pays européens. »

La France ne protège pas tous les candidats, mais seulement ceux qui en font la demande. Le cabinet de Ségolène Royal a effectué cette démarche après l’entartage de la candidate socialiste, le 16 juin 2006, sur le parvis de la gare de La Rochelle. Ségolène Royal est protégée par les hommes du SPHP depuis le 14 septembre 2006.

« Les personnalités sont protégées en fonction de la menace qui pèse sur elles », précise Gilles Furigo. Ainsi, François Bayrou est actuellement protégé en tant que candidat, mais surtout en tant qu’ancien ministre menacé.

Philippe de Villiers, candidat du Mouvement pour la France, bénéficiait lui aussi d’une protection du SPHP depuis un an et demi à la suite de menaces dont il avait fait l’objet. Sa protection se poursuit aujourd’hui en tant que candidat à l’élection présidentielle.

Quant à Nicolas Sarkozy, sa sécurité est assurée en tant que ministre de l’Intérieur, comme tous les autres membres du gouvernement.

« Nous ne révélons jamais le nombre de fonctionnaires affectés à la sécurité d’une personne, observe Gilles Furigo. Les effectifs varient en fonction de l’événement. Il est bien évident que nous mettons plus de personnels autour des personnalités protégées lors d’un meeting regroupant des milliers de personnes que lors d’un déplacement ordinaire. Nous avons un dispositif très souple et facilement adaptable. »

Le SPHP dispose de 530 fonctionnaires et de 3 sous-directions : protection des personnalités françaises, protection des personnalités étrangères et sous-direction chargée du recrutement, de la formation et de la logistique.

A elle seule, la sous-direction chargée des personnalités françaises regroupe la moitié des effectifs du service.

Les fonctionnaires sont recrutés par tests entre 25 et 40 ans. Les candidats sont soumis à des tests médicaux, physiques, linguistiques et à des séances de tir. Les policiers reçoivent ensuite, pendant plusieurs semaines, une formation à l’école de police de Saint-Malo, où leur sont enseignés les rudiments de la protection rapprochée. Par la suite, des entraînements au tir en situation réelle leur sont dispensés au fort de Montlignon.

Plutôt discrets sur leurs méthodes de travail, leurs techniques et leur matériel, les fonctionnaires affectés à ce service travaillent, selon la volonté de leur patron, en « parfaite transparence » : « Notre leitmotiv, ajoute Gilles Furigo, est : discrétion et loyauté. Personnellement, je fais totalement abstraction des idées politiques d’un fonctionnaire pour lui confier une mission. En revanche, lorsque je présente un policier à une personnalité, je remets son CV et son passé en matière de protection. Ainsi, tout est parfaitement limpide. »


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