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De Tokyo à Pékin, Alliot-Marie esquisse les contours d’une union asiatique

AFP

lundi 19 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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De Tokyo à Pékin en passant par Séoul, la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a exalté depuis jeudi les vertus d’une Europe érigée en modèle de sécurité et de paix et susceptible d’inspirer l’Asie du Nord-est.

Point d’orgue de cette tournée, Mme Alliot-Marie a été reçue lundi en Chine, au dernier jour, par le président chinois et chef des armées Hu Jintao, honneur parcimonieusement distribué, tant les visiteurs étrangers de marque se bousculent à Pékin.

La candidate socialiste à l’élection présidentielle Ségolène Royal n’avait pas bénéficié de pareil traitement début janvier. Elle avait dû se contenter d’un entretien avec l’un des vice-présidents.

Mme Alliot-Marie, il est vrai, est ministre en exercice, a connu M. Hu lorsqu’ils étaient tous deux chefs de partis, comme il l’a lui-même rappelé au début de leur entretien, et représente un pays qui s’est prononcé pour la levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine.

Autre marque d’estime : elle s’est exprimée devant l’Ecole centrale du Parti communiste chinois. Un seul ministre de la Défense étranger avait eu cet honneur avant elle, l’Américain Donald Rumsfeld en 2005.

Dans un discours choc, l’ancien secrétaire américain à la Défense s’était interrogé sur les intentions pacifiques de la Chine au regard de la croissance de ses capacités militaires.

La Chine vient d’annoncer une nouvelle augmentation de 17,8% de son budget militaire en 2007 et Mme Alliot-Marie elle-même a rappelé à ses interlocuteurs chinois que seule "la transparence permettrait de lever les soupçons".

La transparence, a-t-elle expliqué tout au long de sa tournée, "est la condition première de la confiance" dans une région marquée par de lourds contentieux historiques.

Il est "indispensable d’établir des relations de solidarité dans la région", seules à même de garantir "une paix durable", a plaidé la ministre au Japon, rappelant que la réconciliation franco-allemande avait été symboliquement parachevée par la rédaction d’un manuel d’histoire commun.

La ministre a de nouveau vanté lundi à Pékin "l’expertise" de l’Union européenne "en matière de sécurité collective", manière d’en suggérer l’exemplarité alors que, selon elle, le "besoin d’une architecture de sécurité commune" en Asie du Nord-est "ne s’est jamais fait autant sentir".

Cette tournée a également été marquée par le dossier du nucléaire nord-coréen, revenu au premier plan de l’actualité avec l’explosion le 9 octobre de la première bombe atomique du régime communiste de Pyongyang.

Devenu "l’un des acteurs-clés du nouvel ordre international", Pékin a joué "un rôle fondamental" dans l’accord du 13 février par lequel Pyongyang s’est engagé à entamer le démantèlement de ses installations nucléaires, a souligné Mme Alliot-Marie lundi. Elle s’exprimait au moment même où les négociations sur la mise en oeuvre de l’accord reprenaient dans la capitale chinoise.

La ministre a toutefois spécifié que "la France et l’Europe souhaitent jouer un rôle actif dans les étapes suivantes de la négociation".

Mais le temps fort de cette tournée restera sa visite samedi à Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corées, brusque retour aux temps de la guerre froide.

Mme Alliot-Marie a visité la salle de conférence où fut signé l’armistice de la Guerre de Corée en 1953, située à cheval sur la ligne de démarcation, sous le regard inquisiteur de trois soldats du régime de Pyongyang venus scruter aux fenêtres ses moindres faits et gestes.


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