dimanche 22 octobre 2017

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Même le FBI et la CIA vont à l’école de protocole de Washington

Lorient-lejour.com.lb

samedi 24 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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Savoir donner une poignée de main, porter un toast, offrir le cadeau approprié : dans les salons d’un grand hôtel de la banlieue de Washington, une quinzaine de responsables d’entreprises apprennent les règles de l’étiquette et des relations protocolaires.

Destinés essentiellement au monde des affaires, les cours de l’École de protocole de Washington ont formé quelque 1 900 élèves du monde entier en 18 ans d’existence. « Aux États-Unis, nous n’avons jamais été autant portés vers l’international, les mêmes règles ne s’appliquent pas à tous les pays », explique Pamela Eyring, directrice de l’école et ancienne chef de protocole d’une importante base de l’armée américaine. Il en coûte 5 800 dollars hors taxes pour un stage de cinq jours afin d’apprendre les règles protocolaires internationales, l’art du cadeau officiel ou d’affaires et la bienséance à table dans le style « continental » ou européen.

Au cours d’un « dîner-leçon », les stagiaires – directrices de la communication et chefs de protocoles de groupes privés ou d’administrations comme le FBI ou la CIA – sont à la lutte avec l’usage américain de se tenir à table les mains sur les genoux. « Dans le style continental, les mains restent toujours sur la table », martèle Mme Eyring, en rappelant l’anecdote d’un espion américain de la Deuxième Guerre mondiale, démasqué et arrêté dans l’Allemagne nazie parce que au cours d’un dîner il avait reposé ses mains sur ses genoux. Les subtilités du style « continental » sont dévoilées : la fourchette toujours dans la main gauche, alors que dans le style américain, une fois la viande coupée, la fourchette est reprise par la main droite. La position de « repos » des couverts diffère dans le style « continental » selon que la pause est temporaire (les couverts sont placés en V inversé) ou que le repas est fini (ils sont placés en paire à travers l’assiette). Au dessert, le convive apprend à porter un toast et à ne surtout pas boire à un toast porté en son honneur.

À la séance des cadeaux protocolaires, sous la houlette de Diane Brown, ancienne responsable du protocole du département américain de la Défense, les stagiaires apprennent à éviter les symboles qui froissent. Le couteau, même ouvragé, de vermeil ou d’argent, est un mauvais présage de rupture. L’horloge ou la montre marque le temps, voire la mort. Le mouchoir est synonyme de larmes et de deuil. Les conversations officielles doivent être légères. « Les sujets à éviter : la criminalité, la pauvreté, la religion », résume Nicole Krakora, directrice du protocole de l’institution Smithsonian. « Regardez les nouvelles de la BBC, pas seulement les informations américaines », recommande-t-elle aux stagiaires.

Les formalités des salutations sont un gros chapitre. « Aux États-Unis, regarder quelqu’un dans les yeux est important. Dans les cultures asiatiques, c’est beaucoup moins acceptable », explique Pamela Eyring. L’école a eu sa première élève chinoise début 2007 et prévoit que la Chine va devenir un marché important pour l’école, notamment avec la préparation des Jeux olympiques. Parmi les élèves, Rebecca Aguilar, du département des relations commerciales protocolaires chez Boeing, est venue se rafraîchir la mémoire des usages avant d’accompagner sa direction en juin au Salon aéronautique du Bourget en France. « J’assisterai notre président pour ses rencontres avec des dignitaires étrangers ou des responsables militaires », explique-t-elle. Elle n’est pas la seule dans ce cas. Trois autres responsables du protocole de groupes d’aéronautique et d’armement suivent le cours et s’apprêtent à se rendre au Bourget, où le respect de l’étiquette a sa place dans la négociation des contrats.


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