lundi 11 décembre 2017

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Les pôles de compétitivité s’affirment face aux défis de l’international

Laurence Chavane, le Figaro

mercredi 28 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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Près de deux ans après leur lancement, le défi des 66 pôles de compétitivité est d’obtenir une reconnaissance mondiale

Le ministère de l’Économie et le ministère des Affaires étrangères s’y sont attelés. L’ambassadeur Bernard de Montferrand a même été chargé d’une mission d’aide à l’action internationale. Près d’un million d’euros ont été apportés à cet objectif. Et surprise, là où on attendait en priorité des « pôles mondiaux », ce sont aussi des petits pôles de PME, de taille nationale, qui répondent aujourd’hui à l’appel.

QUAND François Loos, ministre délégué à l’Industrie, explique les relations des pôles de compétitivité français avec les clusters étrangers, il ne décline pas, en premier, le nom des grands réseaux français comme Lyon ­Biopôle, Meditech Santé ou encore Systematic, le pôle de technologies de l’information d’Île-de-France qui a signé un accord avec le réseau allemand SafeTRANS.

Le ministre, qui a sillonné le monde pour vendre la nouvelle politique industrielle française, donne spontanément en exemple les liens créés entre les industries textiles du Nord-Pas-de-Calais et la Tunisie. Une Région frappée par la crise textile n’hésite donc pas à pactiser avec son premier concurrent, le Maghreb, via le pôle de compétitivité du nord de la France, ­Up-tex. Celui-ci se fait d’emblée reconnaître comme « un pôle de PME ». Il regroupe aussi bien les professionnels de la broderie et de la dentelle que les chercheurs en matériaux composites. Cette agrégation est déjà révélatrice des mutations du secteur, du décloisonnement entre le monde de la recherche et celui des entreprises. Depuis la fin de 2005, le travail réalisé en commun dans le cadre d’Up-tex a participé à modifier son image. « Le textile est une industrie comme les autres. Les cathédrales industrielles employant des milliers d’ouvriers ne renaîtront pas, mais à côté de certaines entreprises en difficulté, d’autres vont très bien. Nous connaissons un rebond d’activité grâce aux nouveaux produits et aux nouveaux marchés », assure Stéphane Vérin, délégué général du pôle Up-tex.

Accord de coopération économique

Les industriels des secteurs de l’habillement, de la maison, des transports (les fournisseurs d’Airbus en Cambrésis ont rejoint le pôle) ou des textiles spécifiques pour la santé ont chacun leurs propres raisons de miser sur un partenariat entre les deux côtés de la Méditerranée. Pour les fabricants de tissus traditionnels, il vaut mieux être partenaires avec la Tunisie que rivaux face à la Chine. C’est la raison pour laquelle ils ont répondu à la demande de l’industrie tunisienne qui souhaitait se faire accompagner dans sa montée en gamme. Ils ont signé en janvier 2007 avec le pôle textile de Monastir un accord de coopération économique. Les Français vont dans un premier temps apporter l’organisation du travail en réseau et des conseils pour la formation des ingénieurs tunisiens. Cela favorise aussi les coopérations entre entreprises et raccourcit les délais de création dans la mode. Cette interface est également une bonne façon de trouver des débouchés commerciaux aux produits techniques et de se positionner sur les grands appels d’offres du secteur des transports et du médical.

Les responsables d’Up-tex, qui travaillent avec le monde entier, ont donc décidé de réclamer à Bercy la reconnaissance d’un label mondial : « Notre marché est le premier à s’être mondialisé, et nous avons la conviction que le textile technique est une des industries de demain. Il y a quelques années, il n’aurait pas été question d’associer les mots textiles et compétitivité », disent-ils.


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