mardi 12 décembre 2017

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Madrid réaffirme son intransigeance face au terrorisme basque

Diane Cambon, le Figaro

jeudi 29 mars 2007, sélectionné par Spyworld

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La Garde civile a démantelé hier une nouvelle cellule terroriste d’ETA.

APRÈS la carotte, le bâton. Alors que tout dialogue a été rompu, le gouvernement espagnol adopte le langage de la fermeté vis-à-vis d’ETA. Hier, la Garde civile a démantelé une nouvelle cellule militaire de l’organisation séparatiste basque près de Saint-Sébastian. Une dizaine de personnes, dont certaines armées, auraient été arrêtées au cours de cette opération policière, la première de cette ampleur depuis l’attentat de l’aéroport de Madrid en décembre 2006. Ce dernier, qui avait causé la mort de deux immigrés équatoriens, avait rompu brutalement un processus de paix fragile, entamé en mai 2006, après l’annonce d’un cessez-le-feu d’ETA.

Depuis janvier, le gouvernement madrilène de José Luis Zapatero, qui avait misé gros sur une solution négociée au conflit, redouble de méfiance aussi bien vis-à-vis d’ETA que de ses divers satellites. Le ministère de l’Intérieur a saisi, hier, le parquet pour que ce dernier se prononce sur la légalité douteuse d’une nouvelle formation politique basque. À moins de deux mois des élections municipales, les radicaux indépendantistes entendent faire un retour en force sur la scène politique, après trois ans d’absence. Ils ont présenté, lundi, les statuts de ce nouveau parti, dénommé Abertzale sozialisten batasuna (ASB, Unité des socialistes patriotes, en basque).

Celui-ci naît sur les cendres de la formation politique Batasuna, déclarée illégale par la justice en 2003, pour ses liens avec les terroristes d’ETA. Malgré les injonctions de l’homme fort de Batasuna, Arnaldo Otegi, pour défendre la légalité du nouveau parti, tout porte à croire qu’il va subir le même sort que de son prédécesseur : la mise hors la loi. Outre le fait qu’il soit composé d’anciens membres de Batasuna et qu’il porte quasiment le même nom, ce parti ne respecte pas une condition fondamentale pour revenir sur la scène démocratique. À savoir : condamner haut et fort, et spécifiquement, la violence d’ETA.

Dans l’attente d’un « geste significatif »

Ses dirigeants ont toutefois pris une certaine distance vis-à-vis de la violence. Ainsi, Arnaldo Otegi déclarait récemment que « personne ne prétend, et si c’était le cas ce serait une erreur, construire un État indépendant à travers la lutte armée », une réflexion impensable jusqu’à présent.

Pour José Luis Zapatero, ces bonnes intentions ne sont pas des gages suffisants pour rétablir un processus de paix avec ETA. Le dirigeant socialiste a certes reconnu ne pas avoir définitivement fermé la porte à un dialogue politique avec les terroristes. Il attend de leur part un « geste significatif ». En d’autres termes : Madrid conditionne la reprise du dialogue à un engagement ferme et sans équivoque des séparatistes envers un abandon de la lutte armée. Cela n’empêche pas le Parti populaire (opposition de droite) de fustiger « l’ambiguïté » de Zapatero et d’accréditer l’idée auprès de l’opinion publique que le premier ministre est disposé à céder au chantage d’ETA.


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