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Le rôle de l’armée à Cuba

Cubantrip.com

mardi 3 avril 2007, sélectionné par Spynews

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L’armée de Fidel Castro, les Forces Armées Révolutionnaires (FAR), sont la véritable garantie de survie du régime socialiste, ainsi que l’institution officielle la plus puissante, influente et compétente de Cuba. Les principaux généraux des FAR, aux ordres de Raúl Castro (celui qui a occupé la charge de ministre de la défense pendant de longues années), joueront des rôles cruciaux dans tous les cas concevables de transition. Une fois Fidel Castro mort ou rendu inapte, les généraux assumeront le contrôle d’un régime de succession prétorien ou, comme dans le cas des armées des anciens pays communistes de l’Europe de l’Est, ils se transformeront en complices volontaires de la disparition du marxisme.

Durant les années récentes, les fonctionnaires de plus haut rang ont été préparés ouvertement pour assumer le contrôle de la transition après le décès de Fidel Castro. Au moins au début, il est probable qu’ils disposent de l’appui de la majorité de l’élite officielle du pays, et d’un certain nombre de civils qui occupent actuellement de hauts postes dans le gouvernement et dans le Parti Communiste. Ces derniers aideront à renforcer la légitimité d’un gouvernement, au niveau national et international, spécialement en ce qui concerne des questions économiques et financières.

Toutefois, aucun dirigeant d’une autre institution, y compris le parti, divers organismes étatiques et gouvernementaux ou les organisations de masse, ne seront en mesure de rivaliser avec les chefs militaires. Une série de facteurs expliquent la suprématie de l’armée :

Le Ministère des Forces Armées Révolutionnaires (MINFAR) a commencé à fonctionner comme l’organisation d’avant-garde du régime au moins cinq ans avant que le Parti Communiste de Cuba ne soit créé en 1965. Les deux tiers des membres du Comité Central original du parti étaient des officiers de l’armée ou des vétérans de la guerilla. De nos jours, Raúl Castro et cinq autres généraux siègent au bureau Politique, composé de 23 membres.

Contrairement à ce qui s’était produit dans la majorité des autres pays communistes, le parti s’est formé à partir des forces armées, et n’a jamais rivalisé avec ces dernières quant à influence. Depuis 1989, année où les services policiers, de sécurité et d’espionnage du Ministère de l’Intérieur (MININT) sont passés sous le contrôle des FAR, celles-ci ont exercé un monopole absolu sur la force coercitive à Cuba. Avec un personnel militaire régulier dont le nombre est estimé entre 50.000 et 60.000, et des forces auxiliaires, de réserve et de milice, le nombre de Cubains qui portent un uniforme dépasse les 2 millions.

Les FAR sont plus représentative du peuple que toute autre institution nationale d’importance. Pendant plus de quatre décennies, elles ont été le moyen favori des jeunes issues des classes pauvres et de zones rurales comme ascenseur socio-économique. On sait qu’il y a des exemples de fonctionnaires militaires de haut rang qui ont atteint leur position privilégiée malgré leurs origines humbles, et que, traditionnellement, la majorité de ceux-ci vivait de manière modeste, avec une relation étroite avec le peuple.

Contrairement à d’autres institutions de l’île, les forces armées ont opéré pendant plus de quatre décennies avec un haut degré de continuité, en ayant éprouvé peu de purifications, désertions et purges, en comparaison avec les institutions civiles ou le parti communiste. Depuis le milieu des années 90, Fidel Castro a chargé les FAR d’administrer des secteurs critiques de l’économie. L’influence de l’armée sur de vastes secteurs de la politique a augmenté de manière remarquable. Une source bien informée à ce sujet (un ex fonctionnaire des relations extérieures de Cuba) a souligné que les FAR exercent "un centralisme écrasant dans tous les secteurs en rapport avec la formulation de politiques économiques."

De manière semblable, vers le milieu des 90, un ex fonctionnaire soviétique qui connaît bien les fonctionnement des FAR, a fait l’observation que, après la disparition de l’Union Soviétique, celles-ci ont continué à jouir "d’un statut spécial à Cuba". Il a aussi déclaré que les forces armées "étaient encore considérées par la majorité des Cubains comme défenseurs des intérêts nationaux et de la stabilité du pays".

Mais, les changements fondamentaux produits durant des années récentes, paraissent avoir miné l’image précédemment positive de l’armée. Dans le passé, les FAR constituaient l’institution publique la moins touchée par la corruption. Toutefois, pour beaucoup de Cubains (les intellectuels, la croissante communauté de dissidents, les autres éléments non conformistes et les jeunes apolitiques), le respect aux forces armées est nuancé par une véritable crainte : celle de voir l’armée utilisée comme arme contre tout type opposition, y compris les civils cubains.

Pendant l’été de 1994, après de sérieux troubles de manifestants contre le régime qui ont eu lieu à La Havane (un policier mort et des autres blessés), le gouvernement a publiquement menacé d’employer la force si nécessaire pour maintenir l’ordre. Dans la presse cubaine on a largement diffusé des mots de Raúl Castro disant "aux ennemis de la révolution" qu’ils ne devaient pas commettre d’ erreurs. "Nous avons suffisamment de canons et d’autres moyen pour défendre de pays". Si ses mots n’avaient pas été spécifiquement adressés aux dissidents cubains, son intention a été éclaircie, plusieurs jours plus tard. Dans un discours transmis pendant les funérailles d’un policier, Ulises Rosales del Toro, général et haut responsable de l’armée, a exprimé : "Nous signalons à la cinquième colonne interne... que nous agirons avec fermeté".


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