lundi 23 octobre 2017

Accueil du site > Défense > France > Chirac à Bayonne pour y recontrer les forces spéciales

Chirac à Bayonne pour y recontrer les forces spéciales

Michel Leclerq, AFP

mardi 3 avril 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Jacques Chirac rencontre mardi à Bayonne les forces spéciales, qui se sont notamment illustrées en Afghanistan, lors d’une dernière visite aux Armées qui sera l’occasion de rappeler "la nécessité de l’effort de défense" à trois semaines de l’élection présidentielle. Le chef de l’Etat doit visiter le 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa), basé à Bayonne (Pyrénées-atlantiques), une des principales unités des forces spéciales françaises, un corps d’élite qui comprend quelque 3.000 hommes des trois armées. Pour dénoncer cette visite, le parti indépendantiste radical Batasuna appelle à une manifestation, mardi à midi dans la ville.

Les forces spéciales ont été engagées en Côte d’Ivoire, notamment pour évacuer les ressortissants français en 2004, et plus récemment en Afghanistan de 2003 à janvier 2007 en soutien à l’opération américaine de traque des talibans et d’Al-Qaïda. A la fin de l’an dernier, quelque 800 hommes des forces spéciales étaient déployés dans le monde, dont 200 en Afghanistan, pour des missions entourées généralement de la plus grande discrétion.

Chef des Armées, M. Chirac "rendra hommage aux forces spéciales et à leurs missions", ainsi qu’aux soldats qui ont perdu la vie, a-t-on indiqué dans son entourage. Sept militaires des forces spéciales ont été tués en mission en Afghanistan et deux accidentellement en Côte d’Ivoire. Mais à moins de trois semaines du premier tour de la présidentielle, il devait aussi rappeler "la nécessité de l’effort de défense" et "le besoin permanent de poursuivre la modernisation" des équipements.

Réélu en 2002, M. Chirac avait fait adopter une ambitieuse loi de Programmation militaire (LPM) 2003-2008, qui portait l’investissement annuel de 12,5 milliards d’euros par an fin 2002 à 15,1 mds EUR fin 2008, mettant l’accent sur les matériels dont le taux de disponibilité avait considérablement baissé. Les principaux candidats - Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (UDF) - sont d’accord pour maintenir l’effort entre 1,8% et 2% du PIB mais avec un réexamen des priorités et des grands programmes, tels que le deuxième porte-avions qui pourrait être construit avec les Britanniques.

M. Chirac sera accompagné à Bayonne par le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, le chef d’Etat-major des Armées, le général Jean-Louis Georgelin, et par le général Benoît Puga, commandant du COS (Commandement de Opérations Spéciales). Le COS a été créé en 1992 après la guerre du Golfe pour fédérer les unités de forces spéciales des trois armées, à l’instar des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Les forces spéciales effectuent en territoire hostile des missions de renseignement, d’attaque d’objectifs, de neutralisation d’installations ou de contre-terrorisme.

M. Chirac se fera ainsi présenter dans la citadelle de Bayonnne, construite par Vauban, où est basé le 1er RPIMa, différentes missions des forces spéciales, notamment une simulation d’extraction d’otages par hélicoptères.

Le parti indépendantiste radical Batasuna appelle à une manifestation, mardi à midi à Bayonne, pour dénoncer la visite de Jacques Chirac aux forces spéciales basées dans cette ville, a indiqué l’organisation dans un communiqué.

Le président de la République, qui vient rendre hommage au 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa), basé à Bayonne, veut "féliciter un des régiments qui symbolise le bras armé de l’impérialisme et du néocolonialisme français à travers le monde", a estimé Batasuna, considéré comme le bras politique de l’organisation armée ETA.

Ce régiment est lié "à tous les coups tordus de l’armée française", estime Batasuna, citant les affaires du Rainbow Warrior (1985), le Rwanda "dernier génocide du XXe siècle" et "l’exécution de civils en Côte d’Ivoire en 2005".

Selon Batasuna, "le bilan" de Jacques Chirac, se résume à "la négation d’une revendication légitime de reconnaissance du Pays Basque". "L’Etat français et M. Chirac (...) n’ont cessé de réprimer toutes initiatives en faveur des droits fondamentaux du Pays Basque", estime l’organisation.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :