mercredi 18 octobre 2017

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Chirac met en garde les candidats contre un relâchement de l’effort de défense

Michel Leclerq, AFP

mardi 3 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Jacques Chirac a averti mardi les candidats à la présidentielle qu’il serait "naïf et irresponsable" de baisser la garde en matière de défense, à l’occasion de sa dernière visite aux Armées, consacrée aux forces spéciales, les commandos d’élite de l’armée française.

"Je le dis aujourd’hui devant vous avec la plus grande conviction et avec la plus grande fermeté : les crédits de la défense nationale ne sauraient être la variable d’ajustement de notre politique budgétaire", a déclaré le chef de l’Etat à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), dans un discours à l’issue de sa visite au 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa).

A moins de trois semaines du premier tour de la présidentielle, Jacques Chirac a jugé "essentiel de continuer notre engagement dans la durée, sinon les efforts des Français auraient été vains".

"Si la France baissait sa garde, elle ne serait plus maîtresse de la sécurité et donc de son destin. Un tel choix serait aussi naïf qu’irresponsable", a mis en garde le chef de l’Etat.

Les débats sur la défense sont à peu près absents de la campagne électorale, hormis les "bourdes" sur les sous-marins nucléaires.

Peut-être parce que, après quelques hésitations, un consensus s’est établi entre les principaux candidats, Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (UDF) pour maintenir l’effort de défense entre 1,8% et 2% du PIB tout en prônant un réexamen des priorités et des grands programmes, tels que le deuxième porte-avions.

M. Chirac a souligné que "rien n’indique, hélas, que dans les années qui viennent, les tensions et les conflits de toute nature s’apaisent". Selon lui, "ce serait donc folie de relâcher notre effort et notre vigilance". "La France doit assurer elle-même sa sécurité et, comme elle l’a toujours fait dans son histoire, continuer à assumer pleinement ses responsabilités dans le monde".

Jacques Chirac, qui avait entamé son premier mandat en 1995 par la reprise des essais nucléaires et une offensive en Bosnie, a effectué plus d’une trentaine de visites aux armées. Dans son dernier discours devant les militaires, il a délivré une sorte de testament en rappelant son action en faveur de "la modernisation en profondeur de notre outil de défense", comme la professionnalisation, la modernisation des équipements, l’adaptation des capacités nucléaires.

Auparavant il s’était fait présenter dans la citadelle de Bayonne, où est basé le 1er RPIMa, différentes missions des forces spéciales, notamment une spectaculaire simulation d’extraction d’un otage par une cinquantaine de commandos appuyés par des hélicoptères.

Ces démonstrations ont été suivies avec grand intérêt par un jeune spectateur très attentif, Martin, le petit-fils de Jacques Chirac, dans une de ses très rares apparitions publiques. Le président a invité Martin "afin qu’il puisse voir une démonstration de l’armée française" au service du pays, a-t-on indiqué dans son entourage.

A l’issue de cette visite, M. Chirac a déjeuné avec Michèle Alliot-Marie dans un petit restaurant du port de Ciboure, en compagnie de quelques amis basques de la ministre de la Défense, dont le joueur de rugby Serge Blanco.

Quelques dizaines de personnes ont manifesté contre la visite du président de la République aux forces spéciales, à l’appel du parti indépendantiste radical Batasuna.


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