dimanche 22 octobre 2017

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Espionnage : la veuve de l’ex-agent russe Litvinenko veut obtenir justice

AFP

mercredi 4 avril 2007, sélectionné par Spyworld

La veuve d’Alexandre Litvinenko, ex-agent russe mort empoisonné en novembre à Londres dans des circonstances troubles, a annoncé mardi le lancement d’une campagne pour obtenir justice, craignant que cette enquête à haut risque pour Londres ne soit enterrée.

"Je n’aurai pas de repos jusqu’à ce que les meurtriers de Sacha (Alexandre) soient devant la justice", a déclaré Marina Litvinenko à la presse.

Très digne, elle a annoncé en quelques phrases le lancement de la "Fondation Litvinenko Justice" qui mènera cette campagne avec l’aide financière de l’homme d’affaires russe en exil Boris Berezovski. Elle est ensuite restée le regard dans le vague, laissant parler son entourage.

Alexandre Litvinenko est mort dans un hôpital de Londres le 23 novembre, après avoir été empoisonné par du polonium 210, une substance hautement radioactive.

Les proches de Litvinenko ont accusé le président russe Vladimir Poutine d’être à l’origine de cet empoisonnement, ce que le Kremlin a démenti fermement.

L’objectif de la fondation "est de faire pression sur les gouvernements russe comme britannique pour s’assurer qu’ils remplissent leurs obligations" en menant l’enquête à son terme et en payant des réparations, a déclaré Louise Christian, l’avocate de Marina Litvinenko.

"Si le parquet britannique a des preuves contre des suspects, j’espère qu’ils vont les rendre publiques même s’ils ne sont pas sur le sol russe", a déclaré l’avocate spécialisée dans les affaires de droits de l’homme.

Les enquêteurs "doivent dire qui sont (les suspects) et demander leur extradition", a-t-elle ajouté.

Scotland Yard a remis fin janvier au parquet britannique les premières conclusions de son enquête, qui n’ont pas été rendues publiques.

Selon des fuites dans les médias britanniques, les principaux suspects sont Andreï Lougovoï, un ancien du KGB, et Dmitri Kovtoun, un homme d’affaires, qui ont rencontré Litvinenko le 1er novembre dans un hôtel de Londres.

La Fondation a déjà envoyé une lettre au Premier ministre Tony Blair, au ministre de l’Intérieur John Reid et à l’Attorney general (ministre de la Justice) Lord Goldsmith requérant "l’assurance que vous et vos collègues font tout ce qui est possible pour faire en sorte que les suspects soient jugés en Grande-Bretagne et ne seront pas protégés par l’Etat russe".

Boris Berezovski a précisé qu’il financerait seul la fondation, destinée également à obtenir des réparations pour ceux qui ont été contaminés par du polonium, soit potentiellement plus d’une centaine de personnes.

"Alexandre était mon ami et il m’a sauvé la vie plusieurs fois. Je donnerai tout ce qui est nécessaire pour que l’enquête soit complète", a déclaré l’oligarque russe.

Mme Christian a suggéré qu’au vu des obstacles diplomatiques "une enquête indépendante conjointe" pourrait être diligentée, citant des dispositions prévues par les Nations unies.

En cas de blocage, elle a aussi envisagé des recours devant la Cour européenne des droits de l’homme ou l’ONU.

Le parquet général russe a déjà annoncé qu’il n’autorisera pas l’extradition de ses ressortissants et a ouvert une enquête propre.

Les enquêteurs russes ont interrogé longuement à Londres la semaine dernière M. Berezovski et Akhmed Zakaïev, responsable séparatiste tchétchène en exil à Londres qui était un ami proche de Litvinenko.

"Ils se sont intéressés à tout sauf aux circonstances du meurtre de Litvinenko et à ses causes probables", a raconté M. Zakaïev à l’AFP, qualifiant l’enquête russe de "farce".


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