mardi 17 octobre 2017

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Les 15 marins britanniques sont arrivés à Londres

Reuters

jeudi 5 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Les 15 militaires graciés hier par le président iranien sont arrivés à 11h00 GMT avant d’être transférés sur une base militaire du Devon. Selon la chaîne Sky News, ils avaient pour mission de collecter des renseignements sur l’Iran.

Les 15 marins capturés le 23 mars par les Iraniens dans le nord du Golfe et libérés mercredi par Téhéran sont arrivés à l’aéroport de Londres-Heathrow jeudi à 11h02 GMT. Ils avaient quitté l’aéroport de la capitale iranienne vers 04h45 GMT à bord d’un avion de la compagnie British Mediterranean Airways.

Dès leur arrivée à Londres, ils ont pris place à bord d’hélicoptères militaires en direction de la base de la Royal Air Force de Chivenor, dans le Devon, au sud-ouest de Londres, où ils pourront voir leurs familles, avant d’être longuement "débriefés".

En fin d’après-midi, la chaîne de télévision Sky News, diffusant le témoignage d’un des marins, antérieur à sa capture, a affirmé que les marins avaient ordre de collecter des renseignements du l’Iran. "Nous collectons aussi des renseignements", a expliqué le capitaine Chris Air sur Sky, ajoutant que ces renseignements concernaient "toutes sortes d’activités iraniennes dans la zone". "Parce qu’évidemment nous sommes tout près de la zone tampon avec l’Iran", a-t-il expliqué dans cet entretien qui n’avait jamais été diffusé avant.

Aucun "accord" avec Téhéran

A l’heure où les marins libérés se posaient à Londres, le Premier ministre Tony Blair a de son côté assuré qu’aucun "accord" n’avait été conclu avec Téhéran pour échanger les militaires britanniques contre les Iraniens détenus en Irak. Au cours d’une brève allocution, il a noté qu’à la faveur de cette crise, "des canaux de communication se sont ouverts qui n’étaient pas à notre disposition auparavant". Mais a appelé à ce que la pression internationale se poursuive sur Téhéran, alors que quatre soldats britanniques et leur interprète koweïtien viennent d’être tués jeudi dans une embuscade dans le sud de l’Irak. C’est un grave revers pour Londres, qui enregistre là sa perte la plus lourde en quatre mois. A Heathrow, des policiers armés patrouillaient sur le tarmac où attendaient également deux hélicoptères au moment de l’atterrissage de l’avion de British Airways, près du pavillon d’honneur de l’aéroport.

"Cadeau au peuple britannique"

Leur libération a été présentée mercredi par le président Mahmoud Ahmadinejad comme un "cadeau au peuple britannique" en dépit de l’"absence de courage" dont le gouvernement de Londres a fait preuve en refusant de reconnaître l’"erreur" qui a, selon lui, consisté à violer les eaux iraniennes. Les 15 militaires britanniques avaient éré capturés il y a 13 jours par l’Iran dans le Chatt al Arab, confluent du Tigre et de l’Euphrate où court la limite mal établie entre les eaux territoriales iraniennes et irakiennes. Selon Londres, les quinze militaires venaient de contrôler un navire marchand dans les eaux irakiennes, en vertu d’un mandat de l’Onu, quand ils se sont retrouvés encerclés par les Gardiens de la révolution. Le gouvernement britannique, qui affirme que ses marins sont tombés dans un guet-apens, a exclu de présenter des excuses pour une intrusion qu’il nie et se serait seulement engagé à éviter à l’avenir toute incursion délibérée dans les eaux iraniennes.

Escalade maîtrisée

Tout au long de la crise, Londres et Téhéran ont pris soin de maîtriser l’escalade et de conserver ouvert leur canal diplomatique direct afin de trouver un dénouement acceptable par les deux parties. Il semble que ce soit un contact entre Nigel Sheinwald, conseiller de Tony Blair, spécialiste du Moyen-Orient et futur ambassadeur à Washington, et Ali Larijani, chef du conseil de sécurité nationale iranien et négociateur de son pays sur le dossier nucléaire, qui ait permis mardi soir de dénouer la crise, selon l’agence de presse Irna. Après avoir annoncé la libération des quinze marins, le président iranien a ensuite reçu, devant les caméras et dans une ambiance bon enfant, les anciens captifs, souriants et habillés en civil pour l’occasion, allant même jusqu’à plaisanter avec l’un d’eux sur "ses vacances forcées" à Téhéran. "Nous vous savons grandement gré de votre clémence. Je tiens à vous remercier, vous et le peuple iranien", a dit au président un marin, dont on ignore le grade et l’identité. Le président iranien, qui a profité de l’occasion pour remettre des médailles à leur ravisseurs pour leur "fait d’armes", n’a pas fait état publiquement d’une contrepartie de la Grande-Bretagne en échange de la libération de ses hommes. Celle-ci a été accueillie avec soulagement par les familles des anciens captifs et saluée rapidement par le gouvernement britannique, qui a dit se préoccuper dans l’immédiat des modalités de leur rapatriement.

Une volonté de compromis ?

Le Premier ministre Tony Blair a déclaré à l’adresse du peuple iranien : "Nous ne vous en voulons pas". "Tout au long (de cette affaire), nous avons adopté une approche mesurée, ferme mais sereine, sans négocier mais non plus sans chercher la confrontation", a-t-il dit à des journalistes. Le président George Bush, qui avait dénoncé une "prise d’otages inexcusable", a salué, par la voix de Gordon Johndroe, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, la libération des captifs. Son vice-président, Dick Cheney a cependant jugé malheureux que les militaires aient été arrêtés en premier lieu et a souhaité que leur libération ne donne lieu à aucun quiproquo. "Il est regrettable qu’on puisse obtenir des concessions politiques ou une autre forme de récompense pour avoir pris des otages ou enlevé des gens en haute mer", a-t-il dit sur la radio ABC. Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a pour sa part formulé le voeu que la décision de Téhéran de libérer les marins signale la volonté de l’Iran de faire des compromis sur d’autres questions, à commencer par son programme nucléaire. "J’espère que ce n’est pas le seul sujet où on peut éviter que les choses ne dégénèrent, mais que c’est au contraire le point de départ pour des accords sur d’autres questions", a-t-il dit à la presse. Les cours du pétrole, qui avaient atteint un plafond de six mois au plus fort de la crise entre la Grande-Bretagne et l’Iran, quatrième exportateur mondial de brut, ont commencé à refluer à l’annonce de son dénouement.

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Les quinze marins britanniques prêts à quitter l’Iran (AP)


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