mercredi 13 décembre 2017

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Cyber-terrorisme : comment la DST surveille l’islamisme radical sur Internet

Philippe Guerrier, VNUnet.fr

samedi 7 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Lors d’une table ronde spécial sécurité IT, un membre du service de renseignement français a expliqué comment le Net est devenu "le QG d’Al-Qaida ".

La DST qui parle (presque) à visage découvert, c’est trop rare pour ne pas le souligner. L’assistance, présente jeudi soir au dîner-débat du Cercle européen de la Sécurité et des Systèmes d’Information organisé dans un palace parisien, a pu suivre l’intervention d’un représentant du ministère de l’Intérieur rattaché à la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Pour des raisons de sécurité, le nom de cet interlocuteur ne sera pas divulgué dans l’article.

Thème abordé : le cyber-terrorisme. De quoi donner des sueurs froides. A un détail près : personne n’a vu la moindre trace d’acte de cyber-terrorisme. Auparavant, deux autres intervenants – Valérie Tudoux (RSII de la banque Ixis Corporate & Investment Bank) et François-Bernard Huyghe (docteur d’Etat en sciences politiques) – avaient fait le même constat sur le sujet. "Tout ce qui est attendu ne se produit pas".

En tant qu’homme d’action rattaché à un service de renseignement intérieur, le responsable de la DST a apporté des éléments qui tendent à prouver l’émergence de ce type d’activité sur le Web. "Il n’existe pas de cyber-terrorisme en France ou dans le monde en l’état actuel (…)En revanche, Internet peut servir d’appui à un attentat", explique-t-il. Pour le cas des filières islamistes radicales, le "Réseau des réseaux" sert déjà de canal de communication, de propagande et de recrutement. "Les terroristes pourrait couper le système d’information des services de secours afin que ces derniers ne puissent se rendre sur les lieux d’un attentat qui vient d’être perpétré", glisse-t-il comme hypothèse.

Affirmation plus effrayante : "Internet est devenu le QG d’Al-Qaida ". Le responsable de la DST prend comme référence une enquête du journaliste pakistanais Hamid Mir ayant suivi de près ce réseau terroriste. "L’équipement d’un Moudjahidin, c’est une kalachnikov mais aussi un ordinateur portable".

Depuis les évènements du 11 septembre 2001, les services de renseignements du monde entier scrutent les activités de ce type de filières terroristes sur Internet. Y compris la DST, qui recense 4500 sites Internet jihadistes sur Internet dont une centaine située dans l’espace du Web francophone.

Tous les outils de communications sont exploités mais les islamistes radicaux ont une préférence pour les forums privés et les réseaux peer to peer. Cette dernière technologie favorise la propagation plus rapide de vidéos montrant des attaques contre des militaires américains en Irak ou l’exécution d’un otage par exemple.

La question du financement de ce type de terrorisme par le biais du piratage Internet reste ouverte. Entre le recours au spam ("volontaire") et le phishing ( "frauduleux"), la DST n’envisage que des "hypothèses" en l’état actuel mais ne serait pas étonné que les terroristes islamistes passent à l’acte.

Des pirates glissant vers l’islamisme radical

Le service de renseignement a repéré quelques indices qui ne fait guère d’illusion sur une tendance lourde : le recours au piratage pour revendiquer une appartenance à un groupe islamiste.

Pour preuve, la découverte de signature électronique de pirates islamistes. "On assiste à l’émergence d’une vague de pirates classique glissant vers l’islamisme radical. On n’avait pas cela avant", observe le représentant de la DST.

Des outils pour passer à l’action circulent même sur Internet : citons le programme de chiffrement Mujahideen Secrets pour crypter les messages ou E-Jihad, un outil destiné à déclencher des attaques de déni de services pour les néophytes.

Compte tenu de ses éléments divulgués, on pourrait conclure que le potentiel du cyber-terrorisme pouvant frapper fort n’est que pur fantasme. Néanmoins, toujours selon les propos du responsable de la DST, la police britannique aurait découvert les traces d’une hypothèse d’attaque visant les serveurs racines (le cœur du réseau Internet) à la suite d’une vague d’arrestations dans les milieux islamistes liées aux attentats de Londres au cours de l’été 2006. Finalement, la menace cyberterroriste n’est peut-être pas si éloignée que ça.


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