vendredi 20 octobre 2017

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Contrôlez votre identité sur le Net

Didier Sanz, le Figaro

dimanche 15 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Se faire connaître sur le Web ne suffit plus : il faut aussi maîtriser les informations qui nous concernent lorsqu’elles apparaissent dans les moteurs de recherche.

C’EST devenu une pratique courante : pour en savoir plus sur la personne qui vous a téléphoné ou avec qui vous avez rendez-vous, vous tapez son nom dans un moteur de recherche. Et vous n’êtes pas le seul. Selon des études récentes, 70 % des employeurs et des recruteurs le font régulièrement. Les Américains ont même inventé l’expression « googler quelqu’un » pour désigner cette pratique.

Malheur à celui dont le nom ne fournit aucun résultat significatif. Si vous n’existez pas sur Internet, êtes-vous réellement intéressant ? « Pas de visibilité, pas de notoriété, résume Alain Lefebvre, responsable de 6nergies.net, un site destiné aux professionnels. Les notions de réputation et de visibilité sur Internet vont être de plus en plus liées : si vous êtes connu et apprécié, on doit pouvoir le lire, ou alors, cette notoriété n’existe pas ! »

Dans le cas où des résultats sont associés à votre nom, l’information qu’ils donnent n’est pas forcément la plus récente, la plus représentative de votre personnalité, ni la plus flatteuse. Vous pouvez apparaître sur un site d’anciens élèves, sur une pétition signée il y a une dizaine d’années, dans la liste d’une association que vous avez abandonnée ou dans n’importe quel document indexé par Google, Yahoo ! et les autres.

Toutes ces données éparses constituent ce que les spécialistes appellent votre identité numérique. Elle se compose d’informations plus ou moins officielles, comme votre CV, le communiqué sur votre nomination à un nouveau poste, vos coordonnées professionnelles ou des articles qui vous citent. Mais elle réunit aussi des contenus fragmentaires et plus personnels : vos commentaires sur un blog, vos contributions à des forums, vos avis déposés sur Amazon ou sur eBay, etc. Ces informations parcellaires tendent même à augmenter avec la multiplication des blogs et des sites communautaires. Et comme ceux-ci sont régulièrement référencés et indexés par les moteurs de recherches, ils apparaissent généralement en bonne place dans les résultats.

Signer soi-même son profil

C’est pour mieux contrôler ces données que se développent des services spécialisés comme naymz.com aux États-Unis ou ziki.fr en France. Le principe : faire en sorte que le site sur lequel vous avez rédigé vous-même votre profil figure en tête des résultats des moteurs de recherche. « Avant d’embaucher un candidat ou quand je discute au téléphone avec un interlocuteur, je tape son nom sur Internet, indique Éric Tenin, chef d’entreprise et blogueur. Je me suis dit que les autres devaient faire la même chose. Or, le moindre événement référencé sur Internet apparaît systématiquement sur Google. Mon nom est ainsi associé à des forums ou des colloques auxquels j’ai assisté, sans pour autant que ces participations soient révélatrices de mon activité ou de ma personnalité. Le seul moyen d’influer sur les résultats des moteurs de recherche, c’était d’ouvrir un blog en espérant une forte fréquentation, ou de m’inscrire sur un site spécialisé qui garantissait que mon nom serait affiché en premier dans Google. Je me suis donc inscrit sur Ziki. »

Pour placer en tête des résultats le profil de ses membres, Ziki référence gratuitement les pages à leur nom dans les plus grands moteurs de recherches, Google, Yahoo ! et MSN. « C’est le seul moyen de maîtriser les informations que vont trouver les entreprises qui tapent votre nom dans Google, explique Jean-François Ruiz, directeur général de Ziki. Autrement, votre nom peut être associé à une inscription à un jeu en ligne ou à des messages dans des forums. »

Le profil qu’on crée sur Ziki ne se limite pas forcément à un CV ou à des informations personnelles ou professionnelles. Il peut s’enrichir de liens et de mots-clés qui précisent la personnalité, les centres d’intérêt et les compétences de l’adhérent. On peut même ajouter les profils enregistrés sur d’autres sites et importer des contenus publiés par ailleurs (blog, photos, vidéos, podcasts, etc.). « Une fois votre profil créé, vous pouvez développer un réseau de relations au sein de Ziki », ajoute Jean-François Ruiz.

Cette démarche s’inspire de celle des réseaux sociaux professionnels, comme linkedIn.com, xing.com ou viadeo.com, qui se développent en France après avoir connu un grand succès outre-Atlantique. Conçus en priorité pour ceux qui souhaitent capitaliser sur leur expérience professionnelle, ils rassemblent une communauté d’individus à la recherche de nouveaux clients ou de nouveaux collaborateurs, et qui pourront proposer leurs services, connaître le parcours d’un décideur, partager leur carnet d’adresses et profiter des contacts d’autres membres. Mais surtout, ils constituent une cible privilégiée pour les cabinets de recrutement. Raison pour laquelle ils intéressent de plus en plus les demandeurs d’emploi très qualifiés.

Mesure de notoriété

Les réseaux sociaux se déclinent d’ailleurs maintenant dans le grand public avec des sites comme MySpace, destiné à se faire connaître et à nouer des contacts avec d’autres membres. Il existe même des services comme Technorati ou Cymfony, qui mesurent la notoriété d’un individu. Cette quête de reconnaissance numérique explique en partie l’évolution des blogs. Simples journaux en ligne à l’origine, ils servent de plus en plus aux particuliers qui veulent faire connaître leur activité, leurs compétences ou leur passion. Mais ils restent une entreprise individuelle, à la différence des réseaux sociaux. Bien référencés par Google et les autres moteurs de recherche, les blogs attirent eux aussi les curieux qui effectuent une recherche sur votre nom ou sur les sujets que vous abordez. Ils permettent également de communiquer avec des visiteurs et éventuellement de nouer des contacts plus étroits.

Blogs, réseaux sociaux et services spécialisés permettent ainsi de maîtriser son image et d’optimiser sa visibilité. De se modeler une identité numérique choisie et contrôlée. Ils ne suffisent pourtant pas à personnaliser sa présence sur Internet. Pour cela, rien ne vaut l’adresse individualisée. « Je me suis rendu compte qu’il était important d’être sur Internet quand j’ai commencé à surfer pour mon travail, raconte Éric Tenin. Dès que j’en ai eu la possibilité, pour que mes contacts me trouvent plus facilement, j’ai enregistré un nom de domaine à mon nom. » Titulaire d’une adresse Web personnalisée, Éric Tenin y héberge son blog et s’en sert pour recevoir ses messages électroniques. Un bon moyen d’augmenter sa visibilité. Et d’être sûr que les premières réponses, dans un moteur de recherche, ne contiendront que des liens vers des informations « autorisées »...


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