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Le procès sur la mort de l’agent secret Nicola Calipari débute à Rome

Le Monde, avec AFP

mardi 17 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Deux ans après les faits, la cour d’assises de Rome entame, mardi 17 avril, le procès par contumace d’un militaire américain, accusé du meurtre à Bagdad de l’agent secret italien Nicola Calipari. Celui-ci venait d’obtenir, le 4 mars 2005, la libération d’une otage détenue pendant un mois, la journaliste Giuliana Sgrena. L’auteur présumé des faits n’a pas été extradé, mais le Pentagone a prévenu dès le départ qu’il refuserait une telle procédure.

Le Marine, Mario Lozano, a tiré sur la voiture dans laquelle se trouvaient l’agent, la journaliste, ainsi qu’un autre officier italien. Tous les trois se dirigeaient vers l’aéroport, où un avion devait les ramener à Rome. Nicola Calipari, chef de mission, a été tué tandis que Mme Sgrena et l’autre officier italien ont été blessés. "Je ne pense pas qu’il s’agit d’un accident, a affirmé Mme Sgrena. Etant donné la quantité de balles tirées par les soldats américains, il est difficile de penser que quelqu’un aurait pu s’en tirer vivant."

Les Etats-Unis considèrent, pour leur part, que l’incident est "clos". Mario Lozano a été innocenté par les autorités américaines dans une enquête interne. "J’ai fait ce qu’aurait fait n’importe quel soldat dans ma position", explique également le militaire dans une récente interview au New York Post. Pour les autorités américaines, le gouvernement italien n’aurait pas averti de l’opération en cours. L’Italie n’a jamais accepté ces explications et a refusé de signer un rapport conjoint avec les Américains, procédant à ses propres recherches et expertises.

ERREUR DE COMPORTEMENT

Pour Rome, la mort de Nicola Calipari est due à une erreur de comportement des militaires américains, tendus et inexpérimentés. Selon cette version, le véhicule italien roulait à une vitesse normale, quand il s’est trouvé devant un barrage routier américain non signalé. Les militaires, probablement apeurés, ont immédiatement tiré sur les occupants. "Sur les 58 balles qui ont touché la voiture, 57 étaient dirigées contre les passagers et seulement la dernière contre le moteur, quand la voiture était déjà arrêtée", précise un rapport d’expertise italien. Les experts en ont déduit que l’auteur des rafales "a tiré pour tuer".

Interviewé le 10 avril sur la chaîne CBS News, Mario Lozano s’est pour sa part défendu, affirmant qu’il n’avait pas d’autre choix que de tirer. Il a souligné qu’il a brandi un spot pour signifier au véhicule de s’arrêter, qu’il a d’abord tiré par terre, avant de viser la voiture. "Je suis juste un soldat d’infanterie qui fait son travail", a-t-il déclaré.

Le procès pourrait durer entre un an et un an et demi. La mort de Nicola Calipari avait à l’époque profondément ému l’Italie qui l’a célébré comme un héros national. L’événement a également tendu les relations entre Rome et Washington en dépit des bons rapports entre le gouvernement de droite de Silvio Berlusconi et l’administration de George W. Bush.

L’agent des services secrets italiens Nicola Calipari, tué peu après la libération de la journaliste Giuliana Sgrena, en mars 2005. - REUTERS/STRINGER

Sites utiles

- Le rapport américain sur la mort de Calipari, publié par la Repubblica, avec ses omissions


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