jeudi 14 décembre 2017

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Affaire Calipari : le procès du militaire américain ajourné

Phil Stewart, Reuters

mardi 17 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Le procès d’un soldat américain jugé par contumace pour le meurtre de Nicola Calipari, agent des services de renseignement militaires italiens, tué en mars 2005 en Irak alors qu’il escortait une otage italienne tout juste libérée, s’est ouvert mardi à Rome.

Après les procédures préliminaires, le procès a aussitôt été ajourné au 14 mai, afin de donner davantage de temps aux parties pour prendre connaissance du dossier.

Mario Lozano, du 69e régiment d’infanterie de l’armée américaine, affirme avoir fait son devoir et assure que le chauffeur du véhicule sur lequel il a ouvert le feu, le 4 mars 2005, à un barrage proche de l’aéroport de Bagdad, a ignoré ses ordres.

Son avocat, Alberto Biffani, a déclaré à la presse que le militaire entendait contester la légitimité du tribunal. Il n’a toutefois pas utilisé les mêmes termes devant la Cour et a accepté d’assister à la reprise du procès, le 14 mai.

Si Rome et Washington considèrent qu’il s’agit d’un accident, les chefs d’homicide volontaire et de tentative de meurtre contre un autre agent italien et la journaliste Giuliana Sgrena, tout juste libérée et blessée dans la fusillade, ont été retenus par la justice italienne. Le Pentagone a refusé d’extrader Lozano.

Son procès se déroule dans une salle d’audience de la prison de haute sécurité de Rebibbia, la plus importante de la capitale.

"C’est pire pour lui s’il ne se présente pas", a déclaré Franco Coppi, qui représente Rosa Calipari, veuve de l’agent tué et partie civile.

Les représentants du parquet n’ont pas caché leur indignation lorsque Biffani a affirmé que son client n’avait pas été informé des faits qui lui sont reprochés.

"BRISER CETTE IMMUNITÉ"

Prié avant le procès d’indiquer s’il avait été engagé par le prévenu lui-même ou par l’ambassade américaine, l’avocat s’est refusé à tout commentaire.

Giuliana Sgrena, qui, comme Rosa Calipari, réclame des dommages, s’est quant à elle réjouie que l’armée américaine rende compte de ses actes.

"Nous avons démontré que nous pouvions briser cette immunité d’ordinaire garantie aux soldats américains dans le monde entier", s’est elle félicitée.

Lozano s’est attiré les foudres de la journaliste et de le veuve de Calipari en affirmant, la semaine dernière, dans les colonnes du New York Post, avoir fait son devoir.

"Si vous hésitez, vous rentrez chez vous dans une boîte et je n’en ai pas envie. J’ai fait ce que tout soldat aurait fait dans ma situation", explique-t-il.

Entrée l’an dernier au Sénat, Rosa Calipari a regretté qu’il s’adresse à la presse plutôt qu’à la justice. "Il y a un procès. Il devrait venir et faire ces déclarations à la barre", a-t-elle déclaré à Reuters.

L’affaire Calipari n’est pas le seul dossier judiciaire qui pèse sur les relations entre les Etats-Unis et l’Italie.

Vingt-six Américains, essentiellement des agents de la CIA, seront jugés, eux aussi par contumace, à partir du 8 juin pour l’enlèvement en 2003 à Milan d’un imam soupçonné de "terrorisme" et pour son transfert vers l’Egypte, où l’accusé dit avoir été torturé.

En 1998, un avion de chasse des "marines" volant à basse altitude avait par ailleurs rompu les câbles d’une remontée mécanique dans une station de ski italienne, provoquant la mort de 20 personnes. Les Etats-Unis avaient par la suite blanchi le pilote des accusations d’homicide.


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