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Garry Kasparov convoqué par le FSB après des manifestations

Reuters

mercredi 18 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Les services russes de renseignement ont convoqué mardi l’opposant Garry Kasparov pour l’interroger sur des accusations d’"extrémisme", alors même que le Kremlin reconnaissait que la police avait eu la main lourde dans la répression des manifestations de l’opposition.

Kasparov s’est vu notifier cette convocation par le FSB (ex- KGB), après avoir été arrêté et mis à l’amende pour troubles à l’ordre public dans le cadre des manifestations du week-end contre le président Vladimir Poutine, organisées par le mouvement d’opposition Autre Russie.

Un communiqué publié sur le site internet de Kasparov, www.kasparov.ru, affirme que le FSB tente de déterminer si, dans un entretien qu’il a accordé à une radio avant la manifestation et dans un journal de l’opposition il a lancé des appels à une action extrémiste.

Cette enquête sur l’ancien champion d’échecs intervient alors qu’un porte-parole du Kremlin a reconnu, mardi, que les policiers russes qui ont dispersé les manifestations de l’opposition à coups de matraques avaient abusé de la force.

Le porte-parole a tenu à ajouter toutefois que l’ampleur des affrontements survenus à l’occasion de ces manifestations à Moscou et à Saint-Pétersbourg avait été exagérée par les médias étrangers.

Des policiers anti-émeutes ont arrêté des centaines de personnes, dont Kasparov, qui s’apprêtaient à participer à une manifestation interdite par les autorités, samedi à Moscou. Le lendemain, des policiers ont roué de coups des opposants à Saint-Pétersbourg.

LES MÉDIAS ÉTRANGERS ACCUSÉS D’EXAGÉRATION

Une militante du mouvement d’opposition Iabloko a montré ses cocards et son nez cassé, résultat de son passage à tabac par un policier muni d’une matraque.

"J’étais sur le trottoir quand une vieille dame est tombée et je suis allée l’aider à se relever. A ce moment-là, j’ai été frappée au visage avec une matraque", a déclaré mardi Olga Tsidilova devant l’hôpital de Saint-Pétersbourg qui l’a prise en charge.

Un passant qui ne comptait pas manifester affirme avoir été attaqué par des policiers alors qu’il se dirigeait vers une bouche de métro. Il a été hospitalisé pour des côtes cassées et un poumon percé.

"J’ai été frappé à la tête et je suis tombé, perdant quasiment conscience. Le policier était sur le point de me piétiner la tête avec son gros bottillon quand ma femme lui a hurlé de me laisser tranquille, et il est parti en courant", explique Alex Kavaizo.

L’Allemagne, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, a jugé inacceptable l’action de la police et les Etats-Unis ont exprimé leur profonde inquiétude concernant ce qu’ils ont présenté comme une intervention exagérément musclée.

Interrogé sur ce point dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Russia Today, le vice porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a répondu : "Je crois qu’il y a eu une réaction excessive mais leur mission principale était de maintenir l’ordre dans les rues."

Il a ajouté que les médias étrangers avaient fait un bien plus grand cas des manifestations que les médias russes.

"Tout le monde reconnaît que ces actions étaient assez limitées (en terme de) nombre de participants. Mais bien sûr, le fait même que ces actions aient lieu a fortement attiré l’attention des médias étrangers. Et dans les médias étrangers, il y a vraiment eu des exagérations."


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