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Deux Britanniques jugés pour la divulgation d’une note secrète sur une rencontre Bush-Blair

AP

mercredi 18 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Un ancien fonctionnaire et un ex-assistant parlementaire accusés d’avoir divulgué une note confidentielle selon laquelle George W. Bush aurait suggéré de bombarder la chaîne panarabe Al-Jazira ont comparu mercredi devant un tribunal londonien.

David Keogh, 50 ans, ancien fonctionnaire spécialiste du cryptage, et Leo O’Connor, 44 ans, ancien assistant parlementaire, sont accusés d’avoir violé la Loi sur les secrets officiels. Keogh aurait transmis en mai 2004 la note à O’Connor, qui l’aurait glissée dans un dossier remis à son employeur Tony Clarke, alors député. Ce dernier avait voté contre la participation de la Grande-Bretagne à la guerre en Irak.

Le document, portant la mention "secret-personnel" et destiné uniquement à de hauts responsables, a été écrit par un conseiller de Tony Blair, a précisé le procureur David Perry.

Selon le "Daily Mirror", la note rapporte le contenu d’un entretien à la Maison Blanche le 16 avril 2004 entre le président américain et le Premier ministre britannique. M. Blair, affirme le quotidien, s’est prononcé contre la suggestion de M. Bush de bombarder le siège d’Al-Jazira à Doha, au Qatar.

Le journal a précisé que ses sources étaient en désaccord sur le fait de savoir si la suggestion de M. Bush était sérieuse. M. Blair a démenti avoir jamais été informé d’un projet américain contre la chaîne satellitaire, et la Maison Blanche a qualifié ces allégations d’"étranges et inconcevables".

Le procureur David Perry n’a pas mentionné les affirmations du "Daily Mirror" devant le tribunal d’Old Bailey à Londres, mais a précisé que les jurés verraient le document durant la partie de l’audience tenue à huis clos en raison du caractère sensible de ces informations. Les services de M. Blair avaient transmis la note à de hauts responsables militaires et politiques à Londres, Washington, aux Nations unies et en Irak.

M. Perry a estimé que Keogh et O’Connor ont mis en danger la vie de soldats en Irak car la note contenait des informations en matière de défense. "Nous vivons dans une société démocratique, pas au Far-West", a déclaré le procureur. "Ce n’est pas aux gens de décider qu’ils vont jouer les shérifs."

Keogh travaillait dans un bunker de communications du gouvernement avec des documents sensibles et des informations du renseignement, a précisé M. Perry. Son équipe relayait des informations aux diplomates britanniques à l’étranger via des méthodes sécurisées.

Keogh avait reçu une copie de la note par fax et en a fait illégalement un duplicata, ce qui lui a permis de transmettre le document à O’Connor, selon l’accusation. Tony Clarke, qui n’est plus parlementaire, a alerté les autorités lorsqu’il l’a découvert dans les papiers de son assistant.

Keogh a été suspendu de ses fonctions en attendant le résultat du procès, a indiqué le Foreign Office. Les deux accusés nient avoir enfreint la Loi sur les secrets officiels.


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