vendredi 20 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > Bouclier antimissile : l’Otan affronte Moscou

Bouclier antimissile : l’Otan affronte Moscou

Alexandrine Bouilhet, le Figaro

jeudi 19 avril 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Bruxelles accueille aujourd’hui la première explication sur le fond entre Américains, Européens et Russes.

LES ÉTATS-UNIS vont utiliser l’arène de l’Otan, aujourd’hui à Bruxelles, pour tenter de convaincre les Russes et leurs alliés européens de la nécessité d’installer un bouclier antimissile, dès 2010, en Europe centrale et dans le Caucase. Il s’agit de la première explication sur le fond entre Américains, Européens et Russes sur ce dossier très sensible, qui irrite la Russie, tout en divisant l’Union européenne et l’Alliance atlantique. En Europe, les pays les plus réticents à l’égard du projet américain sont l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne et la Slovaquie. L’Allemagne, qui a réclamé ce débat au sein de l’Otan, est elle-même divisée au plus haut niveau. Les sociaux-démocrates dénoncent une course aux armements dangereuse et inutile, alors que le parti d’Angela Merkel apporte son soutien à la Maison-Blanche.

" Mini-guerre froide"

À la table de l’Otan, la discussion s’annonce animée. Elle s’effectuera en deux temps, d’abord entre Américains et Européens, puis entre Alliés et Russes. « On espère dégager un consensus entre Européens avant de s’expliquer avec les Russes, mais rien n’est acquis : si après ces réunions, le climat ne s’est pas détendu, les divisions seront plus nettes encore », craint un diplomate de l’Otan.

Venus en force, en présence du général Henry Obering, chef de l’Agence antimissile américaine, les États-Unis vont tenter de convaincre un auditoire sceptique de l’utilité d’étendre leur bouclier antimissile en Europe de l’Est et dans le Caucase.

Washington a entamé le 22 janvier des négociations officielles avec Prague et Varsovie pour installer dix intercepteurs en Pologne et un radar en République tchèque. Placé devant le fait accompli, Moscou a dénoncé un projet « hostile » à la Russie et dangereux pour l’équilibre géostratégique de l’Europe, menaçant de se lancer à son tour dans la course aux armements.

Pris en tenaille, les pays d’Europe centrale, l’Autriche et la Slovaquie notamment, craignent pour leur sécurité, alors qu’en Allemagne, les sociaux-démocrates agitent le spectre d’une « mini-guerre froide ». Critiqués de toute part, les États-Unis assurent que leur projet ne menace pas la Russie, mais vise à protéger l’Europe d’engins balistiques à longue portée, qui seraient tirés par des États voyous, comme l’Iran ou la Corée du Nord. Même si le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, assure que l’Iran a testé des missiles d’une portée de 1 800 kilomètres qui pourraient atteindre l’Europe, les arguments américains ne convainquent pas grand monde en Europe.

Alors que Washington tente d’amadouer la Russie avec des propositions de coopération dans le domaine de la défense, Moscou table sur les divisions entre Européens pour affaiblir les plans américains. Présidente en exercice de l’UE, Angela Merkel cherche à éviter une nouvelle fracture entre Vieille et Nouvelle Europe. Plaidant depuis deux mois pour un débat au sein de l’Otan, la chancelière espère, à terme, pouvoir placer le bouclier antimissile américain sous le contrôle de l’Alliance atlantique.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :

1 Message

  • L’Europe ? La politique de l’autruche ! Ne pas irriter (surtout le voisin russe qui lui fournit 25% de son gaz) ,ne pas froisser ,la paix à n’importe quel prix ,la tranquillité servile ,l’antiaméricanisme larvaire. qui est ipso facto le mobile constant de la "politique" européenne ...Une portée de 1800 kms pour les missiles iraniens ? Allons donc !Un esprit munichois permanent ,un refus de certaines réalités comme la pérennité de la guerre ,une foi absolue dans une forme dé légalisme jusqu’à l’absurde. Allez ,craignons que cette "tranquillité" à tout prix sera préservée ! C’est "ça" ,la sagesse de l’Europe.