mardi 12 décembre 2017

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Bouclier antimissile : les pays de l’OTAN font bloc face à la Russie

Natalie Nougayrède, le Monde, avec AFP, Reuters

vendredi 20 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Les représentants des 26 pays de l’OTAN réunis à Bruxelles, jeudi 19 avril, pour évoquer le projet américain de bouclier antimissile en Europe, se sont accordés pour dire que celui-ci n’était pas dirigé contre la Russie, mais qu’il visait à contrer la menace de missiles balistiques dont pourrait se doter l’Iran. Les participants ont ainsi manifesté, face aux critiques formulées par Moscou contre ce projet, une unité de vues qui contrastait avec les désaccords apparus ces derniers mois en Europe sur cette question.

Le bouclier antimissile "ne peut représenter une menace pour la sécurité de la Russie, ni rompre l’équilibre" militaire en Europe, a déclaré le porte-parole de l’OTAN, James Appathurai. Il a ajouté que les pays de l’Alliance atlantique avaient approuvé le principe de "discussions approfondies entre les Etats-Unis et la Russie pour dissiper tout malentendu".

Les Etats-Unis, représentés par le secrétaire d’Etat adjoint au contrôle des armements et à la sécurité internationale, John Rood, ont présenté à leurs alliés les propositions qu’ils ont faites à la Russie pour qu’une coopération soit nouée sur le projet antimissile, notamment dans la détection précoce d’engins que pourraient tirer des pays comme l’Iran et la Corée du Nord.

FIN DE NON-RECEVOIR

Cette offre américaine a donné lieu à une fin de non-recevoir du côté russe. Le vice-premier ministre russe, Sergueï Ivanov, qui se trouvait jeudi dans l’Oural, a déclaré que les "nouvelles propositions" de Washington en la matière n’étaient pas de nature à lever les objections de la Russie. "Je ne vois pas de fondement, à vrai dire, à des discussions sur la possibilité d’une coopération dans la défense antimissile", a-t-il dit, ajoutant qu’aux yeux de Moscou, le projet de bouclier avait "un caractère chimérique".

Ces propos ont été tenus alors qu’à Bruxelles se tenait, jeudi, après la réunion des "26", une discussion au sein du Conseil OTAN-Russie. Les positions divergentes des Occidentaux et de la Russie se sont exprimées. Moscou conteste l’ampleur de la menace balistique émanant de l’Iran. "Il n’y aura ni dans un an, ni dans deux, ni dans une perspective proche, de missiles dans la région du Proche et Moyen-Orient susceptibles d’atteindre le territoire européen et, a fortiori, américain", a déclaré le représentant russe auprès de l’OTAN, Konstantin Totskiï.

Lors de la réunion à "26", dans la matinée, aucune voix ne s’est élevée, du côté allemand ou français, pour critiquer le projet américain. Les pays européens de l’OTAN ont toutefois demandé que l’"indivisibilité" de la défense du territoire de l’Alliance atlantique soit préservée, c’est-à-dire que des pays comme la Grèce et la Turquie, qui ne seraient pas couverts par les futurs équipements du bouclier en Europe, fassent également l’objet d’une protection. Cela pourrait être obtenu au moyen du bouclier antimissile que l’OTAN elle-même envisage de développer. Ce dernier dispositif, distinct du projet national américain, a fait l’objet d’une étude de faisabilité dont les résultats, à ce jour, n’ont pas été rendus publics.


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