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Un Canadien est condamné pour espionnage en Égypte

AFP

samedi 21 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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La Haute cour de sûreté de l’État égyptienne a condamné samedi à 15 ans de prison un Égypto-canadien accusé d’espionnage au profit d’Israël.

Jugé en l’absence de trois coaccusés israéliens, Mohammed Essam Ghoneim al-Attar, 31 ans, a également écopé d’une amende de 10 000 livres égyptiennes (environ 1975 $ canadiens).

Les verdicts de ce tribunal d’exception sont sans appel et seul le président de la République peut commuer la peine.

Ancien étudiant de l’Université islamique d’Al-Azhar au Caire, M. Attar était accusé « d’espionnage, de corruption et de recrutement d’agents au profit du Mossad », un des services secrets israéliens.

En début d’audience, M. Attar a fait le signe de la victoire à l’adresse de l’assistance depuis le box des accusés, entouré d’un imposant cordon de policiers.

Dans la salle, archi-comble, étaient présents des diplomates canadiens et des dizaines de journalistes.

Le juge Sayed al-Gohari a prononcé le verdict à l’issue d’une audience qui n’a duré qu’une dizaine de minutes.

Il a affirmé que M. Attar était chargé de recruter « des agents au profit du Mossad, parmi les communautés égyptienne et arabe à l’étranger », en contrepartie de sommes d’argent.

Il a indiqué que l’accusé, un musulman, s’était converti au christianisme et avait invoqué sa nouvelle religion et son homosexualité pour demander l’asile au Canada en 2002 par « crainte de répression » en Égypte.

« Il a marché dans les pas du diable et a vendu son pays et ses principes. Les deux religions (l’islam et le christianisme) lui sont étrangères », s’est emporté le juge, à la lecture du verdict.

M. Attar avait été arrêté le 1er janvier lors d’une visite à sa famille au Caire.

À l’issue de l’audience, son avocat Ibrahim al-Mahmoud al-Bassiouny a qualifié le verdict de « clément », disant qu’il « s’attendait à une peine de 75 ans sur la base des accusations ».

Il a ajouté toutefois qu’il était « triste » parce qu’il croyait en l’innocence de son client.

Tout au long de son procès, M. Attar avait clamé son innocence, indiquant que ses aveux lui avaient été extorqués sous la torture.

Il avait dit avoir alors livré le nom fictif d’un Israélien, Daniel Levy, avec qui il aurait été en contact en l’empruntant à celui d’un espion d’une bande dessinée égyptienne.

Ce nom figure dans le mandat d’arrêt lancé auprès d’Interpol par les autorités égyptiennes avec celui de deux autres Israéliens.

M. Attar avait également démenti être homosexuel ou s’être converti au christianisme, précisant avoir demandé l’aide du Canada pour assurer sa défense.

Le chef de la diplomatie canadienne, Peter MacKay, avait affirmé début mars avoir reçu les assurances du Caire que M. Attar n’a pas été torturé.

Les trois Israéliens, dont deux d’origine turque, jugés par contumace, sont accusés d’avoir recruté Mohammed al-Attar en 2001 alors qu’il se trouvait en Turquie avec un visa touristique.

L’Égypte est liée à Israël par un traité de paix depuis 1979. Depuis cette date, plusieurs personnes ont été accusées par l’Égypte d’espionnage au profit de l’État hébreu.

Mohammed Al-Attar, qui avait plaidé non coupable, a fait un signe de victoire à son entrée dans la salle du tribunal. - Photo : AFP


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