dimanche 22 octobre 2017

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Batasuna dénonce encore faire l’objet d’espionnage

samedi 21 avril 2007, sélectionné par Spyworld

Un militant a découvert un dispositif de surveillance dans sa voiture

Batasuna a dénoncé hier un nouveau cas d’espionnage, après la découverte l’an dernier d’un système d’écoute dans ses locaux de Bayonne. Cet hiver, un membre de la fédération de Basse-Navarre a découvert, dissimulé dans sa voiture, un dispositif de surveillance : un boîtier noir, plus petit qu’un paquet de cigarrettes, muni d’une antenne et relié à une batterie rudimentaire composée de quatre piles dont les recommandations étaient écrites en français. "Nous ne sommes pas des spécialistes en la matière", a ironisé le membre du Bureau National de Batasuna Jean-Claude Aguerre, tout en suggérant qu’il peut s’agir d’un engin de surveillance par GPS, car "il n’y a pas de micro apparent".

Ce matériel serait, à simple vue, moins perfectionné que celui découvert dans le véhicule du membre de la commission de négociation de Batasuna, Unai Fano, qui lors d’une conférence de presse à Bilbo avait dénoncé l’année dernière faire l’objet d’espionnage.

Jean-Claude Aguerre a annoncé qu’une plainte sera déposée contre X, mais vu le résultat de l’enquête préliminaire menée par le parquet sur les deux dispositifs d’écoute retrouvés l’été dernier au siège bayonnais de Batasuna, le parti de la gauche abertzale n’espère pas grand-chose.

Fréquences militaires

"L’enquête a été close sans que la police ait pu déterminer qui est à l’origine de l’espionnage. On nous a dit deux choses : que l’un des dispositifs est plus récent que l’autre, ce qui signifierait que les espions sont rentrés au moins à deux reprises ; et que les fréquences des émetteurs correspondent à celles utilisées par les militaires, concrètement par l’aviation militaire".

En évoquant l’affaire d’espionnage du siège de la gauche abertzale à Vitoria-Gasteiz qui s’était conclue sur la condamnation de deux agents de la Garde Civile appartenant aux services secrets espagnols, Batasuna s’est interrogé sur la compétence de la police française qui "semble moins capable que la police espagnole d’identifier l’origine des appareils".

Batasuna a enfin rappelé l’épisode d’espionnage dénoncé par son responsable aux relations internationales, Gorka Elejabarrieta, lequel avait lui aussi retrouvé un dispositif d’écoute dans son appartement. Sans oublier les cas de courriers ouverts, d’écoutes téléphoniquesŠ Des "agissements peu démocratiques". Mais "s’il n’y a pas de conflit, comme l’affirme la France, pourquoi alors cet espionnage ?", s’est interrogé Jean-Claude Aguerre en montrant le texte de la proposition d’une autonomie politique pour le Pays Basque nord présenté fin janvier lors d’un meeting à Ustaritz. "Il faut aller vers le chemin de la résolution, et nous nous avons fait une proposition qui va dans ce sens".

Persécution politique sur la base de tortures

Lors de la conférence de presse, Batasuna a également dénoncé le cas de Giuliano Cavaterra, l’un des responsables des affaires internationales du parti. Selon son témoignage, même s’il n’a pas eu de notification officielle, il fait l’objet d’une enquête préliminaire ordonnée par l’un des services du ministère public.

La raison, les aveux obtenus sous torture à l’encontre de Sébastien Bédouret, président de Radio Pays qui, faisant partie d’une délégation internationale, avait été arrêté le 6 janvier par la Garde Civile alors qu’il se rendait à un meeting du Mouvement pro-Amnistie .

"Sous l’effet des coups, on l’a obligé à dénoncer des gens de la gauche abertzale qui travaillent au niveau international. La Garde Civile l’a contraint à me mettre en cause. Depuis je vis sous une épée de Damoclès".

Giuliano Cavaterra a jugé scandaleux que "ceux qui se disent démocrates utilisent la torture, que d’autres qui se disent aussi démocrates assument cette torture en montant des dossiers judiciaires, et que tout cela se passe dans le silence assourdissant de la totalité des responsables politiques". Il a rappelé le cas du Donostiar Sergio Lezcano, sympathisant de Batasuna qui, le lendemain de son arrestation, avait été hospitalisé aux urgences par deux gardes civils cagoulés.

"Utiliser la torture comme arme politiqueŠ là, on a franchi un pas", s’est insurgé Jean-Claude Aguerre. "Ce n’est plus de l’intoxication médiatique, mais du montage policier à l’appui de la torture".


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