lundi 23 octobre 2017

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Berlin revisite son passé terroriste

Cécile de Corbière, le Figaro

lundi 23 avril 2007, sélectionné par Spyworld

Le meurtre du procureur fédéral Siegfried Buback, il y a trente ans, est en passe d’être élucidé, selon « Der Spiegel ».

L’ALLEMAGNE ouvre à nouveau les vieux cartons du terrorisme d’extrême gauche. Dans un témoignage au magazine Der Spiegel, l’ancien membre de la Fraction armée rouge (RAF) Peter-Jürgen Boock a proclamé l’innocence de Christian Klar dans l’affaire du meurtre du procureur fédéral Siegfried Buback. En prison depuis plus de vingt-quatre ans, Klar est dans l’attente d’une grâce présidentielle.

Selon Peter-Jürgen Boock, Christian Klar n’aurait pas tiré le coup fatal qui a conduit à la mort de Siegfried Buback le 7 avril 1977. Stefan Wisniewski serait le véritable assassin. Ancien membre de la RAF, ce dernier avait été condamné à perpétuité pour le meurtre du président de la fédération des patrons Hanns-Martin Schleyer à l’automne 1977, avant d’être libéré en 1999.

Remise à plat du dossier

Les services secrets allemands et l’Office fédéral de la police criminelle auraient été informés de cette version des faits dans les années 1980, rapporte Der Spiegel. Afin de protéger leurs sources - deux anciennes activistes de la RAF -, les autorités allemandes auraient choisi de ne pas utiliser leurs dépositions.

À l’époque, l’ancienne militante Verena Becker aurait avoué aux services secrets que Christian Klar ne se trouvait pas sur la moto d’où partit le tir. Selon elle, il attendait dans la voiture qui devait permettre au groupe de s’échapper. Klar n’aurait pas non plus pris part à la préparation du plan, a par ailleurs déclaré Peter-Jürgen Boock. Selon lui, il n’était pas encore membre de la RAF à ce moment-là. « [Il] ne pouvait pas conduire de lourdes motos, il n’avait pas non plus de formation dans le maniement des mitraillettes ou des fusils », a-t-il ajouté.

L’ancien activiste affirme être entré en contact avec le fils de Siegfried Buback, Michael, qui s’est prononcé en faveur de la grâce de Christian Klar. Dans un témoignage paru dans la Süddeutsche Zeitung, Michael Buback écrit que « selon des informations émanant de la RAF, Christian Klar n’était pas l’un des deux coupables sur la moto ».

Certains politiques demandent la réouverture du dossier. « Les nouvelles informations doivent être l’occasion de réexaminer entièrement l’affaire », a déclaré le député conservateur Wolfgang Bosbach. « S’il s’avère que les autorités connaissaient depuis des années les circonstances exactes du meurtre sans les transmettre à la justice, cela rend nécessaire une remise à plat juridique et politique » du dossier, a pour sa part déclaré Guido Westerwelle, le président du parti libéral FDP.

Christian Klar a été condamné à la réclusion à perpétuité avec une peine de sûreté de vingt-six ans qui prendra fin en janvier 2009. Jugé responsable de la mort de Siegfried Buback, il a aussi été condamné pour les meurtres de Hanns-Martin Schleyer et du banquier Jürgen Ponto.

Deux ex-militantes du mouvement sont encore derrière les barreaux. Brigitte Mohnhaupt, qui avait dirigé la « deuxième génération » de la RAF après la mort des fondateurs, a été libérée en mars dernier après avoir purgé une peine de sûreté de vingt-quatre ans.


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