vendredi 15 décembre 2017

Accueil du site > Intelligence économique > Patrons européens : "Le protectionnisme nous fragilise"

Patrons européens : "Le protectionnisme nous fragilise"

Pierre Avril, le Figaro

mardi 24 avril 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Brevets, énergie, Internet : Bruxelles et Washington veulent coopérer davantage.

LES ÉTATS-UNIS et l’Europe veulent renforcer leurs liens économiques. Réunis hier à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont donné leur aval à la poursuite d’un programme de travail et de coopération qui devrait être avalisé lors du prochain sommet bilatéral, prévu à Washington, le 30 avril.

Mis à part le coup de pouce agricole de Washington qu’attend avec impatience Bruxelles pour espérer faire sortir de l’ornière les négociations de Doha, l’UE souhaite harmoniser les régulations économiques prévalant de chaque côté de l’Atlantique. Celles-ci portent à la fois sur les marchés financiers ou les règles relatives à la propriété intellectuelle. Une coopération en matière d’énergie et d’investissements est également recherchée. L’enjeu est d’importance : selon les calculs de Business Europe, le patronat européen, les filiales transatlantiques des compagnies américaines et européennes emploient au total près de 14 millions de salariés. Or, Business Europe se déclare préoccupée par « le climat et la rhétorique protectionniste » qui, émanant des deux bords, « fragilisent nos économies ».

Aussi bien dans l’agroalimentaire, l’automobile ou la chimie, prévalent des « régulations différentes qui engendrent des coûts », précise Business Europe. En Europe, répond la chancelière allemande, Angela Merkel, « nous avons accumulé une certaine expertise relative au marché unique, que nous pouvons mettre en pratique au niveau transatlantique ».

Au chapitre de l’innovation, une coopération est prévue dans le domaine spatial, des nanotechnologies appliquées au secteur médical et de la cybersécurité. Un groupe de travail dédié à la lute contre les spams est déjà constitué. Dans le domaine énergétique, les deux parties ont mis en place des programmes de travail relatifs aux technologies innovantes, à l’efficacité énergétique et aux carburants alternatifs. Il reste que Washington refuse de ratifier le protocole de Kyoto, et Bruxelles peine à enrôler son partenaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. Plusieurs pays, dont la France, ont plaidé pour que l’environnement ne soit pas sacrifié sur l’autel du dialogue transatlantique.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :