mercredi 13 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > La reprise de Presse + inquiète la DGSE

La reprise de Presse + inquiète la DGSE

Léna Lutaud, le Figaro

mercredi 25 mai 2005, sélectionné par Spyworld

logo

Hervé Bazin, le juge du tribunal de commerce de Nanterre, annonce aujourd’hui le nom du repreneur de Presse +. En dépôt de bilan depuis février, le sort de cette société qui fournit des revues et panorama de presse aux patrons du CAC 40 inquiète la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) et la Fédération des professionnels de l’intelligence économique, présidée par l’amiral Pierre Lacoste.

Dotée de puissants logiciels de recherche, Presse + ne se contente pas de photocopier des articles de journaux. Ses 350 salariés sont « les yeux et les oreilles » des patrons du CAC 40. C’est pour cela que les experts du contre-espionnage économique ont analysé le profil des trois candidats à la reprise. Son rival Press Index ne pose pas de problème. Tout comme Ortim, le holding de la famille Bayet, ancien copropriétaire des Publications de la Vie catholique. Ce n’est en revanche pas le cas du britannique TNS. « S’ils absorbent Presse +, ils contrôlent quasiment tous les ministères et deux tiers du CAC40 », assure la DGSE.

En inventant en France l’externalisation de la revue de presse pour grands patrons en 1988, Thierry Delahaye a eu une bonne idée. Il a vite compté Lindsay Owen-Jones (L’Oréal) et Bernard Arnault (LVMH) comme clients. En 2002, avec un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, son groupe est au sommet. Epluchant 365 jours par an sept mille supports dans vingt-huit pays, ses équipes travaillent pour 70% des présidents du CAC 40. Pour être là où ses clients se développent, Presse + ouvre des filiales à Francfort, à Casablanca, à Shanghaï et à New York.

Mais en 2003, c’est la catastrophe. Les journaux font payer leurs articles sur Internet et négocient les droits d’auteurs. Dès lors, le chiffre d’affaires s’érode, les comptes passent au rouge. Au début 2004, nouveau coup dur. Dans un secteur où il faut investir en logiciels et gérer d’importantes équipes, un conflit social de cinq semaines éclate au siège à Clichy. Les salariés qui scannent les journaux dès une heure du matin réclament une hausse de leur salaire.

Au final, le conflit coûte 125 000 euros et plombe les ventes du premier semestre. Le 17 mai, un mandataire vient épauler le président. En octobre, la BNP et la Caisse d’épargne coupent leurs concours bancaires. A l’exception de 3i, les actionnaires souscrivent à l’augmentation de capital de 708 000 euros. Insuffisant. A Noël, des clients clés comme LVMH ou Veolia Environnement s’en vont. Presse + dépose son bilan à la fin février. Qui sera son nouveau propriétaire ? D’un point de vue social, le plan de reprise de TNS est le plus intéressant...


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :