samedi 21 octobre 2017

Accueil du site > Défense > International > La Russie suspend le traité sur les forces militaires conventionnelles en (...)

La Russie suspend le traité sur les forces militaires conventionnelles en Europe

Le Monde, avec AFP et Reuters

vendredi 27 avril 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a confirmé, jeudi 26 avril, aux vingt-six pays de l’OTAN, que la Russie suspendait l’application du traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE), a indiqué le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer.

Plus tôt dans la journée de jeudi, à l’occasion de son dernier discours annuel à la nation, le président russe, Vladimir Poutine, avait annoncé que son pays allait geler l’application de ce traité, qui limite les déploiements militaires sur le continent, après avoir critiqué l’attitude des pays occidentaux, accusés d’"ingérence interne" dans les affaires russes.

La décision du Kremlin est une réponse au projet de bouclier antimissile américain en Europe de l’Est. Pour justifier sa décision, M. Poutine a déclaré :"[Les pays de l’OTAN] construisent des bases militaires à nos frontières et, en outre, prévoient aussi de baser des éléments de systèmes de défense antimissile en Pologne et en République tchèque". "Dans ce contexte, j’estime opportun de décréter un moratoire sur l’application du traité, en tout cas jusqu’à ce que tous les pays l’aient ratifié et commencé à l’appliquer de façon stricte." Par le passé, la Russie a déjà, à plusieurs reprises, menacé de se retirer de ce traité, mais n’avait jamais franchi le pas du moratoire.

"L’UNE DES PIERRES ANGULAIRES DE LA SÉCURITÉ EUROPÉENNE"

Réagissant à la décision unilatérale du Kremlin, le secrétaire général de l’OTAN a déclaré : "Les Alliés ont accueilli avec regret (cette décision) car le traité FCE est l’une des pierres angulaires de la sécurité européenne". Signé en 1990, puis adapté en 1999, le traité FCE limite le déploiement d’armes conventionnelles de l’OTAN et des signataires du pacte de Varsovie.

Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a estimé jeudi que les Européens devaient empêcher que ne se forme une "spirale de défiance entre les Etats-Unis et la Russie". Dans son discours à la nation, M. Poutine a par ailleurs vivement dénoncé l’augmentation du "flux d’argent venant de l’étranger" qui viserait à financer des partis de l’opposition et des organisations des droits de l’homme. "A l’époque du colonialisme, on parlait du rôle civilisateur des Etats colonisateurs", a-t-il dit, en référence aux pays qu’il accuse, stigmatisant "ceux qui, en utilisant habilement une phraséologie pseudo-démocratique, aimeraient revenir à un passé proche : les uns pour piller comme avant, sans être châtiés, les richesses du pays, voler les gens et l’Etat, les autres pour priver notre pays de son autonomie économique et politique".

Devant les deux chambres du Parlement, réunies pour l’écouter, M. Poutine est arrivé à la conclusion que tout le monde ne semble pas apprécier l’essor de l’économie russe. Les Occidentaux "utilisent des slogans sur la démocratisation, mais le but est le même : l’acquisition de manière unilatérale d’avantages destinés à assurer leurs intérêts propres", a-t-il estimé.

Gary Kasparov dénonce "le silence" des Occidentaux face à M. Poutine

Dans une tribune publiée jeudi 26 avril par le quotidien italien La Repubblica, l’opposant russe Gary Kasparov a dénoncé "le silence" des leaders occidentaux face à l’attitude de Vladimir Poutine, "un leader qui traite ses concitoyens à coups de matraque", qu’il compare aux dirigeants zimbabwéen Mugabe ou biélorusse Loukachenko. "Le monde entier a pu voir avec quelle cruauté les OMON [forces anti-émeutes] ont traité les manifestants à Moscou [le 14 avril], et surtout, à Saint-Pétersbourg [le 15 avril]", écrit-il, faisant référence aux manifestations d’opposition durement réprimées. "Mais jusqu’ici, regrette-t-il, aucun leader occidental n’a fait de déclaration à ce propos. Personne n’a voulu ni critiquer Poutine, ni dire que ce qui s’est produit suffirait à l’éloigner des pays dits civilisés."


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :