dimanche 17 décembre 2017

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L’ex-directeur de la CIA, George Tenet, refuse de jouer les boucs émissaires

Corine Lesnes, le Monde

vendredi 27 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Il est resté l’homme du slam dunk : le terme qui, en basket-ball, signifie un "smash", un panier facile. Le 21 décembre 2002, George Tenet, alors directeur de la CIA, avait utilisé cette expression dans une réunion avec le président George Bush. Deux ans plus tard, il a vu cette anecdote rapportée, de la bouche même du président, dans le livre de Bob Woodward Plan of Attack, sur les préparatifs de la guerre en Irak. Aujourd’hui, il accuse ses anciens supérieurs de s’être servi de lui comme bouc émissaire pour leurs erreurs sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Démissionnaire en juin 2004, décoré par M. Bush six mois plus tard et silencieux depuis, George Tenet a touché 4 millions de dollars pour écrire un livre. L’ouvrage sort lundi. Il vient rejoindre la cohorte d’anciens responsables de l’administration Bush qui tentent d’atténuer leur responsabilité dans le fiasco irakien.

M. Tenet ne nie pas avoir parlé de "smash" lors de cette conversation à la Maison Blanche. Il affirme seulement qu’il ne parlait pas alors des armes de destruction massive mais du dossier qui pouvait être constitué contre Saddam Hussein. Dans les extraits d’interview qui ont été diffusés par CBS, il confirme que les plans pour la guerre étaient déjà largement avancés. Il accuse ses anciens collègues de l’avoir désigné à la vindicte. "Cela ne se fait pas, accuse-t-il. On ne jette pas comme cela quelqu’un par-dessus bord pour faire diversion. Ce n’est pas honorable." Il leur reproche aussi de continuer à s’abriter derrière cette phrase, à l’image du vice-président Dick Cheney à l’occasion du 5e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. "Comme s’il avait besoin que je lui dise cela pour partir en guerre contre l’Irak..."

S’il en parle peu dans son livre, M. Tenet assume, dans l’interview, l’entière responsabilité du programme de détentions secrètes de la CIA. Il affirme que les techniques d’interrogatoires - qu’il refuse d’identifier mais qui utilisent la privation de sommeil, le simulacre de noyade, les privations sensorielles - ne constituent pas une forme de torture. "A lui tout seul ce programme nous en a dit plus que ce à quoi ont pu aboutir la CIA, le FBI et la NSA tous ensemble", soit la police fédérale et les principales agences de renseignement, assure-t-il. Il se défend en évoquant la "peur palpable" ressentie par ses services en réalisant, après le 11-Septembre, qu’il y avait "tellement de choses que nous ne savions pas"


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