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Bouclier antimissile : Poutine dénonce les risques

Nouvelobs.com

vendredi 27 avril 2007, sélectionné par Spyworld

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Selon le président russe, le projet américain de déployer une station radar et des missiles d’interception en Europe pourrait entraîner une destruction mutuelle.

Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé vendredi 27 avril, à la suite d’une rencontre avec le président tchèque Vaclav Klaus, les risques liés au bouclier antimissile que les Etats-Unis projettent de déployer en Europe. Washington envisage en effet d’installer une station radar en République tchèque couplée avec des missiles d’interception en Pologne.

"La menace de dommages mutuels, voire celle d’une destruction mutuelle est démultipliée", a expliqué Vladimir Poutine. "Ce n’est pas simplement un système de défense, c’est une partie du système (global) de l’arsenal nucléaire américain", a dit le président russe, cité par l’agence Itar-Tass.

"Pour la première fois dans l’histoire, des systèmes du complexe stratégique nucléaire américain apparaissent sur le continent européen", a-t-il ajouté.

"Pour nous, cela revient à voir un déploiement de Pershing" à nos frontières, "c’est une menace absolument identique", a souligné le maître du Kremlin en référence au missile balistique américain à courte portée utilisé pendant la Guerre froide.

Moratoire

"Ces systèmes contrôleront le territoire russe jusqu’à l’Oural si nous ne prenons pas de mesures contraires, et nous le ferons", a averti Vladimir Poutine.

Peu avant, il s’en était déjà pris à la diplomatie américaine et s’était lancé dans un vibrant plaidoyer des valeurs de la Russie à l’occasion d’un discours (pour lire le discours en anglais cliquer ici) devant les parlementaires russes lors duquel il a tracé la voie pour son successeur en 2008.

Lors de son dernier discours devant les deux chambres du parlement, Poutine avait décrété un moratoire sur le traité de 1990 sur les Forces conventionnelles en Europe (CFE), en liant pour partie cette décision au projet américain de bouclier antimissiles. Selon lui, les membres de l’Otan signataires du traité ne l’avaient pas ratifié et n’en respectaient pas les clauses.

Une deuxième guerre froide ?

Le traité sur les Forces conventionnelles en Europe a été négocié dans les mois qui ont suivi la fin de la Guerre froide entre les 22 membres de l’Otan de l’époque et les pays du Pacte de Varsovie. L’objectif était de parvenir à une réduction vérifiable des équipements conventionnels.

La décision de Poutine a jeté un froid à l’Otan dont les ministres des Affaires étrangères s’étaient réunis pour débattre du projet américain.

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a, pour sa part, rappelé la Russie à des obligations internationales.

Sous le mandat de Poutine, les relations entre les Etats-Unis et Moscou se sont considérablement détériorées, au point que certains responsables étrangers ont mis en garde contre le risque d’une deuxième Guerre Froide.

Sergueï Ivanov, favori

Dans son discours, Vladimir Poutine a dénoncé le flux croissant d’argent étranger qui est utilisé selon lui pour des ingérences dans les affaires intérieures russes. "On constate qu’un flux croissant d’argent étranger est utilisé pour s’ingérer directement dans nos affaires intérieures", a-t-il dit.

De l’avis de plusieurs experts, ce discours de fermeté devrait avantager le premier vice-Premier ministre Sergueï Ivanov, considéré comme l’un des prétendants potentiels au Kremlin avec l’autre premier vice-Premier ministre Dmitry Medvedev.

"Le ton général de l’allocution (...) joue en faveur de Sergueï Ivanov", explique Tim Ash, économiste à l’institut Bear Stearns de Londres.

Vladimir Poutine a par ailleurs démontré qu’il entendait peser encore longtemps sur l’avenir de son pays en annonçant un programme massif d’investissements et de projets d’infrastructures, qui n’est pas sans rappeler la planification de l’époque soviétique. Ce programme devrait engager la Russie pour longtemps. Le budget pour l’exercice en cours va déjà être augmenté de 25 milliards de dollars, soit une hausse de 12%.

Plusieurs centaines de milliards de dollars issus des revenus pétroliers devraient par ailleurs être affectés à la construction de routes, de centrales électriques, de voies ferroviaires, d’aéroports et de canaux.

Réalisation d’un canal

"D’ici 2020, nous devons augmenter la production d’électricité de la Russie de deux-tiers", a déclaré Poutine, qui a précisé que l’Etat et les entreprises privées allaient investir 467 milliards de dollars pour réaliser ce deuxième programme d’électrification du pays. Le premier avait été réalisé à l’initiative du dirigeant soviétique Vladimir Lénine. Poutine a également annoncé la réalisation d’un canal destiné au transport fluvial entre la mer Caspienne et la mer Noire et d’un système de canaux pour relier la Volga au Don. La construction de canaux a été l’une des grandes obsessions de Joseph Staline dans les années 1930.

"Le temps n’est pas encore venu de présenter mes dernières volontés et mon testament politiques", a justifié le président russe.

Enfin, il a appelé ses concitoyens à défendre leur identité. "Une société ne peut relever d’importants défis que lorsqu’elle préserve le respect de sa langue maternelle et de ses valeurs culturelles spécifiques", a-t-il affirmé.


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