lundi 18 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > L’ex-otage des talibans entendue par les services secrets

L’ex-otage des talibans entendue par les services secrets

Bienpublic.com

lundi 30 avril 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Les services secrets français chargés de « débriefer » Céline Cordelier, libérée par les talibans, vont devoir ménager cette jeune fille apparue « déstabilisée », tout en essayant d’obtenir au plus vite le maximum de renseignements pour tenter de localiser ses anciens compagnons toujours otages.

« Je ne sais pas ce qu’ils vont pouvoir retirer de cette jeune femme qui semble dans un tel état de choc. Mais il y a d’autres personnes à sortir, donc ils vont essayer d’exploiter le plus rapidement possible les informations dont elle dispose pour les recouper avec celles de terrain et celles que la police afghane a pu leur donner », a résumé hier Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Libérée samedi après trois semaines de captivité en Afghanistan, la jeune militante de l’ONG Terre d’Enfance est rentrée hier en France, où elle a été conduite « dans un endroit tranquille. » « Elle va voir ses proches. Et ensuite passer des examens médicaux », pense Eric Denécé. Son compagnon français, Eric Damfreville, et trois Afghans travaillant pour la même ONG, enlevés en même temps qu’elle le 3 avril en Afghanistan, sont toujours aux mains des fondamentalistes. « Il s’agit de localiser l’endroit où ils pourraient être, pour identifier le groupe qui les détiendrait, et de connaître les conditions de détention et les mesures de sécurité. » « S’ils se rendent compte qu’ils n’ont pas les moyens d’intervenir là-bas, ou qu’ils ne savent pas dans quelle région les otages sont, le débriefing va être obligatoirement plus court. Mais s’ils savent qu’ils peuvent envoyer une unité, ils auront tendance à la cuisiner pour avoir tous les détails », imagine-t-il. Si l’interrogatoire doit être long, elle peut être transférée « au camp de Cercottes, près d’Orléans, à l’abri des regards, au calme, là où la presse ne vient pas perturber », souligne-til. Pour un « débriefing », les méthodes d’interrogation relèvent des « sciences comportementales », explique-t-il. « Le niveau de perturbation psychologique de l’individu fait qu’il faut parfois laisser retomber le soufflé avant de lui reposer les questions. Il n’y a pas de pression ». « Notre rétine voit plus de choses que celles dont notre mémoire se souvient. A partir d’une ou deux choses, on sait l’amener à solliciter des champs mémoriels dont elle n’a même pas nécessairement conscience. ». L’expert relève 2 difficultés : « débriefer quelqu’un qui n’a pas été formé (comme C’est le cas), c’est plus dur ». Puis, après avoir entendu la déclaration de la jeune fille, il craint qu’elle ne soit atteinte par le syndrome de Stockholm », quand l’otage finit par défendre la cause de ses geôliers.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :