lundi 23 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > La Chine accusée d’espionnage

La Chine accusée d’espionnage

Fabrice De Pierrebourg, Le Journal de Montréal

mardi 1er mai 2007, sélectionné par Spyworld

logo

Le patron du SCRS est sorti de sa réserve légendaire pour montrer du doigt la Chine, qui mènerait une campagne « agressive » d’espionnage au Canada en ayant recours à de pseudo-touristes.

Jim Judd, directeur du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), n’a pas mâché ses mots hier matin lorsqu’il a comparu devant le Comité sénatorial de la sécurité nationale, à Ottawa.

« Il est étonnant de constater comme le tourisme est prospère au Canada », a dit, ironique, le patron des espions canadiens.

M. Judd a mentionné, « sans vouloir viser personne », qu’une quinzaine de pays enverraient leurs espions ici avant de cibler la Chine, qui occupe 50 % du temps de son service.

Rappelons qu’il y a un an, le ministre des Affaires étrangères Peter McKay, qui est actuellement en Chine, s’en était pris lui aussi à ce pays pour les mêmes raisons.

Vol à grande échelle

Michel Juneau-Katsuya, ex-directeur du bureau Asie-Pacifique du SCRS, se réjouit que l’espionnage, « crime de col blanc », soit devenu une priorité, « même si le sang ne coule pas ».

À son avis. M. Judd « va se faire des amis partout, sauf en Chine ».

Il confirme que les Chinois pratiquent la « collecte de masse » du renseignement, en plus d’intimider les opposants.

« Tout le monde est impliqué, dit-il. De vrais espions et aussi tous ceux qui viennent ici sous couvert d’échanges scolaires, des ingénieurs, des journalistes, des diplomates, etc., nous volent des infos à tour de bras. »

Le chiffre d’un millier d’espions a aussi été avancé récemment.

Menace terroriste

Comme on peut s’en douter, il a aussi été question de terrorisme, la « menace la plus importante à l’heure actuelle et dans un avenir rapproché », selon M. Judd.

« J’espère que nous allons pouvoir tuer les menaces dans l’oeuf, mais ce n’est pas toujours possible », a-t-il averti, citant l’exemple dramatique du Boeing d’Air India en 1985.

En mars dernier, Le Journal de Montréal a révélé qu’une trentaine d’individus liés à la mouvance islamique étaient sous étroite surveillance à Montréal.

Dans un rapport classifié « très secret » obtenu par Le Journal de Montréal et rédigé en mai 2006, le SCRS avertit que le « Canada demeure une cible de choix pour les activités d’espionnage parrainées par des gouvernements étrangers ».

Il n’a pas été possible d’obtenir un commentaire auprès de l’ambassade de la République populaire de Chine à Ottawa.

« Ce que Jim Judd a dit... »

Plusieurs centaines d’enquêtes visant des groupes ou des individus seraient menées en ce moment par le SCRS. Des dossiers qui mèneraient aussi à une « dizaine d’autres pays ».

De « six à dix régions du monde », dont l’Iran et la Corée du Nord, intéressent « activement » le SCRS dans le cadre d’enquêtes concernant des armes de destruction massives.

Certains agents du SCRS opèrent de « façon cachée » à l’étranger, sans être « annoncés ».

« La plupart des menaces auxquelles nous faisons face ont une composante internationale. »

« Al-Qaïda nous a désignés à plusieurs reprises comme cible. »

« Quand on espionne dans un pays étranger, il y a des chances que l’on contrevienne à ses lois. »

Le changement de mission du Canada en Afghanistan n’augmente pas la menace terroriste.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :