dimanche 17 décembre 2017

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Al-Qaida se finance en France et en Espagne

Diane Cambon, le Figaro

mercredi 2 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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D’après un rapport des services secrets espagnols (CNI) et des RG français, la plupart des financements de la guerre sainte au Maghreb viendrait d’Europe.

LES TERRORISTES islamistes basés au Maghreb financeraient leurs attentats avec de l’argent issu essentiellement d’Espagne, mais aussi de France. Publiée hier par le quotidien espagnol El Pais, proche du gouvernement socialiste, l’information provient d’un rapport des services secrets espagnols (CNI) et des renseignements généraux français (RG). Depuis l’an dernier, une équipe commune, parmi laquelle figurent des juges, procureurs et policiers, enquête sur un « réseau de financement complexe », échafaudé par des groupuscules radicaux liés à al-Qaida, en plein essor en Algérie et au Maroc.

L’Espagne, plus encore que l’Europe méridionale dans la ligne de mire du terrorisme islamique, hébergerait des cellules dormantes du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, aujourd’hui associé à al-Qaida. Selon El Pais, ces cellules, basées essentiellement sur le littoral méditerranéen espagnol (Alicante, la Catalogne...), seraient chargées de collecter l’argent en France et en Espagne. Le recours à la charité mais aussi celui à la petite délinquance (vente de haschisch, vols de voitures et autres larcins) seraient les principales sources de revenus des terroristes. En 2005, la Guardia Civil a désarticulé un réseau d’islamistes basé sur la Costa del Sol et dont la spécialisation était les cambriolages dans des maisons de luxe. On sait aussi que les explosifs utilisés pour les attentats islamistes du 11 mars 2004 à Madrid (191 morts) ont été achetés à des anciens mineurs délinquants, en échange de briques de haschisch.

Vigilance accrue avec la présidentielle

Le financement de la guerre sainte passerait également par le recours aux paradis fiscaux, selon le journal. El Pais cite une enquête de l’Audience nationale, la plus haute instance judiciaire espagnole, selon laquelle des fonds en provenance des Bahamas seraient arrivés entre les mains d’un des membres du réseau en Espagne, un Algérien, qui a depuis pris la fuite. Les versements financiers, quelque 18 000 euros, auraient été camouflés par une société fantoche, une entreprise d’informatique japonaise.

Toujours selon le rapport cité par El Pais, les services secrets français et espagnols auraient augmenté le niveau d’alerte dans les deux pays. La vigilance s’est accrue en France avec la tenue de l’élection présidentielle. En Espagne, le ministère de l’Intérieur a annoncé que le niveau 2 sur 3 de danger avait été déclenché depuis l’ouverture en février du méga-procès contre les 29 supposés auteurs, majoritairement maghrébins, des attentats du 11 mars 2004. En outre, l’Espagne a reçu en février les menaces directes « d’actions violentes » de la part du numéro deux d’al-Qaida, Ayman aL-Zawahiri. Al-Qaida reproche à l’actuel leader José Luis Zapatero d’avoir augmenté les contingents militaires en Afghanistan.

De plus, l’Espagne est considérée comme « la terre perdue » qui doit être récupérée coûte que coûte au même titre que Jérusalem. Le mythe d’al-Andalus - lié à la domination arabe d’une bonne partie de la péninsule entre le VIIIe et le XVe siècle - apparaît de plus en plus comme un argument central pour justifier des attentats sur le sol espagnol.


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