dimanche 17 décembre 2017

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Arianespace profite de la reprise du marché des satellites

Jean-François Augereau et Dominique Gallois, le Monde

mercredi 2 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 mai, Arianespace procédera à son deuxième lancement de l’année. Hors report de dernière minute, deux satellites de télécommunications Astra 1L et Galaxy 17, destinés respectivement aux opérateurs SES Astra et Intelsat, seront mis en orbite depuis Kourou (Guyane).

"Le marché spatial est reparti, porté par le développement de la télévision à haute définition et par la multiplication des services que proposent les téléphones portables", constate Jean-Yves Le Gall, PDG d’Arianespace. "Nous ferons, en 2007, six lancements d’Ariane 5, soit un de plus qu’en 2006, ajoute-t-il. Notre objectif est de réaliser sept à huit tirs par an avec ce lanceur à partir de 2009, ce qui nous oblige, pour atteindre cet objectif, à signer chaque année entre 13 et 15 contrats." Depuis janvier, l’entreprise européenne a décroché six nouveaux contrats, portant à 41 le nombre de satellites à lancer.

Face à ce redémarrage, M. Le Gall estime qu’Arianespace est mieux placé que ses principaux concurrents. Sur les vingt-huit commandes de 2006, elle en a emporté douze, les Russes et Américains se partageant le reste.

"UNE SOCIÉTÉ DE SERVICES"

La fusée européenne devrait renforcer cette suprématie car, aux États-Unis, les lanceurs Delta-4 et Atlas, encore chers, délaissent les satellites commerciaux et réservent leurs capacités au département américain de la défense.

D’autre part, depuis février, Boeing est pénalisé par l’explosion d’une fusée russo-ukrainienne, Zenit, qui a endommagé gravement sa plate-forme marine de lancement dans le Pacifique. Lockheed Martin, de son coté, s’est retiré en octobre 2006 de la société ILS qui commercialise les lanceurs russes Proton.

Très affectée par l’échec du lancement d’Ariane 5 ECA en 2002, Arianespace s’est profondément réorganisée en quatre ans. "D’une société d’ingénierie, nous sommes devenus une société de services", explique M. Le Gall. "Nous utiliserons désormais toujours le même modèle de lanceur, c’est un gage de fiabilité pour nos clients", ajoute-t-il. Ariane 5 peut emporter deux satellites allant jusqu’à 10 tonnes. Les rôles ont été aussi clarifiés : Astrium, filiale d’EADS, fabrique les fusées, Safran les moteurs et Arianespace assure le marketing, la commercialisation et la mise en orbite.

A Kourou, des travaux ont été engagés en 2006, dans le cadre d’un partenariat avec les Russes, pour tirer des fusées Soyouz, capables d’emporter des satellites de plus de 3 tonnes. Une autre plate-forme est en cours d’aménagement pour le petit lanceur italien Vega, ce qui permettrait à Arianespace d’offrir toute la gamme des lanceurs. L’objectif est de procéder, avec Ariane 5, Soyouz, et Vega, à 10 tirs par an dès 2010.

En attendant, afin absorber un pic de commandes, l’entreprise européenne a signé, le 24 avril, un accord avec le japonais Mitsubishi Heavy Industrie pour utiliser son lanceur H-2A.

La fusée Ariane 5 avec les satellites Hot Bird 7A et Spainsat se dirige vers son pas de tir. - AFP


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