dimanche 10 décembre 2017

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Un ex-diplomate avait averti la GRC du risque d’attentat contre Air India

Presse Canadienne

vendredi 4 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Un ex-diplomate de carrière, qui est aujourd’hui lieutenant-gouverneur de l’Ontario, dit avoir pris connaissance de renseignements indiquant qu’un vol d’Air India serait attaqué dans les jours précédant l’attaque.

James Bartleman a expliqué, ce jeudi, à la commission fédérale d’enquête sur l’attentat d’Air India, en 1985, que l’information provenait d’une branche secrète du renseignement, le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) au sein du ministère de la Défense.

Lorsqu’il a voulu attirer l’attention de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur ces faits, il s’est fait répondre que la police était déjà au courant et de se mêler de ses affaires.

"Dans la semaine du 18 juin, la semaine de l’attentat qui a eu lieu le 23 juin, je vérifiais les renseignements quotidiens du CSE, a indiqué M. Bartelman à la commission d’enquête dirigée par l’ancien juge de la Cour suprême, John Major. J’ai vu dans un document qu’Air India allait être ciblié ce week-end là, précisément la fin de semaine des 22 et 23 (juin)."

Le vol 182 en provenance de Toronto s’est abîmé à la suite d’un attentat avec 329 personnes à bord le 23 juin au large de l’Irlande.

Air India était considéré comme une cible potentielle de indépendantistes sikhs basés au Canada depuis plus d’un an, mais le gouvernement a toujours nié que la police et les forces de sécurité avaient eu des indices sur des menaces à l’encontre d’un vol particulier.

M. Bartleman, qui dirigeait alors la section des renseignements et de la sécurité aux Affaires étrangères, a toutefois précisé que ces renseignements n’avaient pas encore été pleinement vérifiés. Il a ajouté que cet avertissement survenait à la suite de nombreuses fausses alarmes au cours de l’année précédente.

"J’imagine que ça peut être possible pour quelqu’un de dire que c’était juste un autre appel au loup."

Cependant, M. Bartleman lui-même s’était inquiété au point de soumettre un rapport à un officier de la GRC et lui demander s’il l’avait vu. Il avait toutefois été surpris de la réaction du policier, qui lui avait brusquement répondu qu’il avait évidemment vu le rapport et qu’il n’avait pas à lui dire comment faire son travail.

Dans un contre-interrogatoire vigoureux, l’avocat du gouvernement, Barney Brucker, a indiqué que le ministère de la Justice n’avait jamais retracé les documents en question ou localisé des témoins pour confirmer ces affirmations.

James Bartleman a toutefois insisté pour dire qu’il se rappelait clairement de l’incident. Il a ajouté qu’il n’avait pas senti le besoin d’en faire part, tenant pour acquis que la GRC était déjà bien au courant de ses renseignements. Il s’est aussi dit surpris que quelqu’un ait pu attendre 22 ans pour faire ces révélations.

Paul Cavalluzo, l’avocat de M. Bartleman, a pour sa part affirmé que ce n’est pas surprenant que les enquêteurs n’ont pu retracer les documents en question.

"Les rapports de renseignement brut et non-confirmé sont souvent déchiquetés et ne se retrouvent pas dans les dossiers officiel", a dit celui qui a développé une expertise en la matière comme avocat en chef dans l’affaire de Maher Arar.


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