lundi 18 décembre 2017

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Le SCRS a attendu des mois un mandat d’écoute contre le principal suspect

Presse Canadienne

samedi 5 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Des documents présentés vendredi à la commission d’enquête sur l’attentat d’Air India, en 1985, indiquent que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a dû attendre cinq mois pour obtenir un mandat d’écoute électronique apparemment urgent contre l’homme qui est devenu le principal suspect dans l’affaire.

Les documents indiquent que neuf mois avant les attentats, le SCRC considérait déjà Talwinder Singh Parmar comme "le sikh le plus radical et potentiellement le plus dangereux au pays".

Le SCRS a amorcé les démarches en septembre 1984 pour obtenir un mandat d’écoute contre M. Parmar, le fondateur de la secte militante Babar Khalsa.

Le SCRS avait des preuves que M. Singh Parmar prêchait la nécessité d’entreprendre des actions violentes contre le gouvernement indien devant des groupes sikhs du Canada.

Jacques Jodoin, qui était responsable des demandes de mandat pour le SCRS, a spécifié qu’il y avait alors des retards dans le traitement des demandes et qu’une requête urgente pouvait mettre des mois à être traitée.

"Evidemment, c’était trop lent, a-t-il dit, mais c’était un délai normal à l’époque en considérant les ressources et le système complexe qui existait."

Norm Boxall, un des avocats des familles des victimes, s’est dit horrifié par la lenteur du processus bureaucratique. "Si ça prend cinq mois pour obtenir un mandat d’écoute électronique contre quelqu’un décrit comme l’était M. Parmar, c’est épeurant."

L’autorisation a finalement été émise au début 1985, mais même après que le système d’écoute eut été mis en place le SCRS a eu de la difficulté à trouvé des traducteurs parlant le panjabi. Des cassettes ont aussi été effacées et n’ont pu être utilisées en cour.

M. Parmar n’a jamais été accusé au Canada pour l’attentat. IL a été tué par balle en Inde en 1992.

Par ailleurs, le lieutenant-gouverneur de l’Ontario, James Bartleman, a affirmé vendredi avoir attendu deux décennies avant de dévoiler ce qu’il savait parce qu’il croyait que la police avait tenu compte de ces informations.

M. Bartleman, qui était chef de la sécurité et du renseignement aux Affaires étrangères, avait affirmé jeudi avoir vu des documents en 1985 annonçant une attaque imminente contre Air India. Il a ajouté avoir averti la GRC, qui lui a répondu avoir déjà ces renseignements.

"Il y a 23 ans, j’ai agi immédiatement quand j’ai vu le document en question, a-t-il dit. Ce document comportait des renseignements hautement confidentiels. Cinq minutes après avoir vu le document, je le montrais à un haut gradé de la GRC en position d’agir. Je ne doutais pas du fait que la GRC en avait pris note et aller agir en conséquence."

Il a aussi assuré qu’il ne démissionnerait pas de son poste de lieutenant-gouverneur de l’Ontario.

Le vol 182 d’Air India a quitté Toronto le 22 juin 1985. L’appareil s’est écrasé au large de l’Irlande après l’explosion d’une bombe, faisant 329 victimes.


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