mardi 16 septembre 2014

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Le démantèlement du 17-N n’a pas mis fin au terrorisme en Grèce

Didier Kunz, Le Monde

samedi 5 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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La cour d’appel spéciale, qui jugeait depuis un an et demi dix-sept membres de l’organisation terroriste grecque du 17 Novembre (17-N), a confirmé, jeudi 3 mai, la culpabilité de son chef, Alexandre Giotopoulos, et de ses principaux exécutants, condamnés en 2003 à la prison à perpétuité. Apparu en 1975 avec le meurtre du chef d’antenne de la CIA à Athènes, Richard Welch, un an après la chute de la dictature (1967-74), le groupe a revendiqué en tout 23 assassinats de personnalités grecques, américaines, turques et britannique, et une dizaine d’attentats à la roquette antichar et à la bombe.

L’explosion accidentelle d’une bombe entre les mains d’un de ses membres, Savvas Xiros, en 2002, au Pirée, avait conduit à l’apparent démantèlement de l’organisation terroriste. Cela avait été un soulagement pour les autorités avant les Jeux olympiques d’Athènes de l’été 2004.

"INSTIGATEUR MORAL"

Né à Paris en 1944, Alexandre Giotopoulos est accusé d’être "l’instigateur moral" de toutes les actions du 17-N. Ancien opposant à la junte des "colonels", ce fils d’un ancien secrétaire de Léon Trotski professe une idéologie marxiste nationaliste. Proclamant son innocence, il se dit victime d’un "complot anglo-américain". A l’ouverture du procès d’appel, en 2005, il avait reçu le soutien de personnalités et organisations de gauche françaises, dont Alain Krivine et Pierre Vidal-Naquet.

La disparition du groupe, resté toujours un peu mystérieux, n’a pas mis fin au terrorisme en Grèce. Ces derniers mois plusieurs petits groupes de plus en plus dangereux ont fait leur apparition, laissant craindre une résurgence du terrorisme d’extrême gauche. Le plus violent d’entre eux, Lutte révolutionnaire (EA), catalogué dans la liste des organisations terroristes du Département d’Etat, a frappé en janvier en lançant une roquette contre la façade de l’ambassade américaine à Athènes (Le Monde du 13 janvier). Les dégâts ont été légers mais la résonance de l’acte très forte. Les gouvernements grec et américain ont offert de grosses récompenses pour toute information sur ce mystérieux groupe qui marche sur les traces du 17-N.

La violence a encore frappé la semaine dernière à Athènes : deux inconnus ont mitraillé un poste de police avec des armes automatiques volées à des policiers et lancé une grenade défensive. L’action, qui n’a pas été revendiquée, n’a pas commis de dégâts importants. Elle inquiète cependant les services antiterroristes, qui redoutent qu’elle n’ait été commise par une nouvelle génération de terroristes.

Le "cerveau" du groupe du 17-Novembre, Alexandros Giotopoulos, lors de son procès en appel, à Athènes, le 2 décembre 2005. - AP/THANASSIS STAVRAKIS


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