vendredi 15 décembre 2017

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Islamisme radical : la "détection précoce", nouvelle doctrine des services spécialisés

Jean Chichizola, le Figaro

lundi 14 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Deux rapports des RG préconisent un meilleur repérage des individus susceptibles de basculer un jour dans la violence.

TRÈS JEUNES islamistes passant directement de leurs appartements parisiens à l’enfer irakien, petit groupe de Tourangeaux radicalisés en quelques mois par un de leurs aînés et partis incognito pour le djihad, « petit chimiste » nancéen prêt à commettre des attentats isolés... Sur fond de guerre en Irak et en Afghanistan, le terrorisme islamiste s’individualise et la riposte devient chaque jour plus complexe.

Deux rapports des Renseignements généraux, sur « le profil et la détection des cellules djihadistes », détaillent la parade que les services de renseignement mettent en place. La méthode porte un nom : « détection précoce ». Sous la tête de chapitre « sensibilisation et partenariat », les RG expliquent ainsi que des « actions de sensibilisation au phénomène de l’islamisme ont été menées en direction d’autres services de sécurité intérieure », comme la police aux frontières ou la sécurité publique, mais aussi « dans les administrations - prisons, hôpitaux publics ».

Le service préconise un « sa­voir minimum en matière de détection d’indices manifestes (activités, attitudes, langages) dans la délinquance de droit commun », autant d’éléments « culturels, linguistiques caractéristiques permettant d’alerter les services spécialisés ». Enfin, un « partenariat avec le monde de l’entreprise » a été lancé.

« Une infime minorité »

Pour les RG, l’identification de « signaux simples » comme les prières sauvages sur les lieux de travail, ou « le changement de comportement avec les femmes » aboutit parfois à « l’identification d’individus pouvant basculer dans la radicalisation ». Un dispositif jugé d’autant plus nécessaire que « le profil des recrues (est) en mutation », les nouveaux venus étant « de plus en plus sans engagement religieux ou politique marquant, le plus souvent inconnus, du moins non répertoriés comme djihadistes ». Les services craignent donc le développement d’« un phénomène de génération spontanée d’islamistes radicaux, réservoir potentiel pour les terroristes ».

Deux écueils guettent naturellement cette « détection précoce » : celui de stigmatiser des individus et ainsi d’accélérer plutôt que de freiner leur radicalisation et celui de voir les services de police engorgés par des myriades de signalements. Directeur de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, qui ne croit pas aux risques d’« amalgame », ni à une avalanche de délations, souligne que « les individus concernés constituent une infime minorité ». « L’important est d’adopter un nouvel état d’es­prit en aidant à repérer, par l’observation de facteurs de radicalisation, des individus ou des petits groupes vulnérables, qui peuvent devenir des proies ou des cibles pour les réseaux terroristes avant de devenir eux-mêmes des ac­teurs ». Pour le patron de la DST, « familles, enseignants, animateurs sociaux ou sportifs doivent être sensibilisés pour repérer un jeune qui se replie sur lui-même, développe un discours agressif sur la religion ou attaque son père parce qu’il se rend au café... Le but de l’opération n’est pas de placer ces jeunes dans un quelconque fichier mais de dialoguer et de l’aider avant qu’il ne soit trop tard »

Les ministres de l’Intérieur des pays du G6, réunis ce week-end à Venise. Au coeur de leurs discussions : le terrorisme islamiste. - Cosrantini/AP.


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