jeudi 14 décembre 2017

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Canal + chasse les micros-espions

Le Point, via Veille.com

vendredi 27 mai 2005, sélectionné par Spyworld

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Pas d’enquête interne. Depuis que l’affaire Gaccio - l’auteur des « Guignols » a été l’objet d’une filature en 2002 - a éclaté, la direction de Canal + interdit toute recherche dans ses archives. « Trop risqué, tranche un porte-parole. Si nous ne trouvons rien et que, passant après nous, la justice trouve des éléments à charge, on va croire qu’on a essayé de biaiser l’enquête. » Toute l’affaire repose, rappelons-le, sur la confession d’un ancien salarié de Canal + (Pierre Martinet) qui accuse, dans un livre, son ancien chef, Gilles Kaehlin, le Monsieur Sécurité de Canal +, de lui avoir ordonné une filature et - bien plus ! - un guet-apens à l’encontre de Bruno Gaccio.

Gilles Kaehlin, qui a démissionné « pour mieux se défendre », a reçu 500 000 euros de Canal + (voir Le Point n° 1704). « Nous avons simplement appliqué une clause de son contrat, précise-t-on au sommet de la chaîne. Celle-ci stipulait qu’en cas de démission Gilles Kaehlin avait droit à une indemnité en rapport avec ses années de présence. » Au terme d’un accord, la chaîne se réserve toutefois le droit d’en réclamer le remboursement si la culpabilité de Gilles Kaehlin devait être établie.

Dans un premier temps, Canal + a préféré répondre à l’inquiétude de son personnel. Bertrand Méheut, le patron du groupe Canal +, a donc commandé un nettoyage de tous les mails et téléphones de l’entreprise dans le but de certifier aux salariés de la chaîne qu’ils n’étaient pas sur écoutes. D’ailleurs, lui-même, depuis sa prise de fonction, fait régulièrement examiner son bureau afin d’y détecter la présence de micros-espions. « Ça n’a jamais rien donné », précise la direction de la chaîne. Une précaution prise, notamment, lors des phases préparatoires à l’appel d’offres des droits du football.

Les immeubles de TF1 et de Canal + se faisant face, chacun a pris des mesures de sécurité. Côté Canal +, on a posé des plantes vertes assez hautes devant les baies vitrées pour empêcher l’usage de micros-pistolets captant à distance les conversations. « De notre côté, on a reçu pour consigne d’éviter de se donner des chiffres par téléphone portable, explique-t-on chez TF1. En fait, pour s’amuser, on s’appelait pour se donner de faux montants sur les droits du foot ! » Des deux côtés, l’espionnite n’est pas vraiment prise au sérieux. La preuve en est que les plantes vertes du bureau de Méheut s’étiolent sans que personne y prête attention...

Bien plus sérieuse est l’affaire d’espionnage industriel présumé entre M6 et Endemol. La chaîne a porté plainte le 30 mars 2004. L’enquête de la Brigade de répression de la délinquance économique a mis en évidence des faits de corruption. Un salarié d’une filiale de M6 est soupçonné d’avoir renseigné Endemol, moyennant finances, à propos d’un programme de M6. Un cadre d’Endemol a été placé en garde à vue et a été mis en examen


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