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Air France s’apprête à tester le contrôle biométrique à Roissy

Christophe Guillemin, ZDNet France

vendredi 27 mai 2005, sélectionné par Spyworld

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La compagnie aérienne va expérimenter début juin un contrôle biométrique sur des passagers volontaires pour optimiser le passage aux frontières. Mais le projet, mené en concertation avec le ministère de l’Intérieur, aurait aussi un objectif de contrôle policier.

Air France débutera dès le 1er juin un test grandeur nature d’un système de contrôle des passagers basé sur la biométrie. Des bornes interactives installées au terminal 2F de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle permettront de contrôler les passagers, qui entrent ou sortent du territoire, par leurs empreintes digitales.

La compagnie aérienne vient d’adresser ses dernières demandes d’autorisations administratives aux services du Premier ministre pour lancer l’expérimentation, rapporte l’AFP. Elle sera basée sur le volontariat ; les passagers qui y participeront devront d’abord se présenter à la police de l’air et des frontières (PAF) pour réaliser l’empreinte numérique de leur index. Une carte de membre de l’opération leur sera également remise.

Munis de cette carte, ils emprunteront un sas de sécurité automatique, sans avoir à se présenter devant les services de la PAF, lors de la sortie ou de l’entrée du territoire. Dans ce portique de nouvelle génération ils auront simplement à poser leur index sur une borne interactive dotée d’un capteur biométrique.

« La période d’essai serait d’environ six mois », a déclaré à l’AFP un porte-parole d’Air France. Si le résultat est positif, le système pourrait être déployé sur d’autres sites.

Premier essai du projet Pegase

Ce test est la première concrétisation du projet Pegase, initié en 2003 par Air France. Il fait suite à un précédent projet de validation de techniques biométriques baptisé "Fast-track". Envisagé avec le ministère de l’Intérieur, il « a dû être définitivement clos à la suite de l’effondrement déploré dans le terminal 2E qui devait l’abriter », précisait en 2004 la compagnie aérienne.

Pegase a pour but « d’évaluer les conséquences sur son exploitation de l’introduction de nouvelles technologies appliquées aux passages des frontières », indique Air France.

Les bornes biométriques ont été fabriquées par la société Ultimedia, spécialiste français des bornes interactives. « Nous avons pour l’instant réalisé trois de ces bornes », indique à ZDNet son P-DG Eric Dumouchel. Ultimedia est intervenu en temps que sous-traitant du fabricant de matériel électronique Sagem, qui avait remporté l’appel d’offres d’Air France pour l’intégration et l’installation du système.

Sagem n’a pas souhaité s’exprimer sur ce projet qui devrait prochainement faire l’objet d’un lancement officiel. Impossible également de joindre un représentant d’Air France. Il est difficile donc en l’état de connaître la finalité du système, au-delà de la volonté de rendre plus rapide le contrôle aux frontières.

Mais selon une source proche du dossier, s’il a été engagé et financé par Air France, Pegase a bien une « finalité de contrôle policier ». Il est d’ailleurs mené en concertation avec le ministère de l’Intérieur, où l’on nous a confirmé qu’un des membres de sa mission biométrie (qui collabore au projet de visa électronique européen) travaille sur Pegase. Ce projet « touche des domaines sensibles tels que le terrorisme et la fraude documentaire », indique-t-on au ministère.

Selon nos informations, la PAF devrait également utiliser dans le cadre de cette expérimentation la base de donnée d’empreintes digitales de la police qui compte 1,8 million de fiches d’empreintes. De son côté, Air France se veut rassurant, puisque son porte-parole a précisé à l’AFP que la Commission nationale informatique et liberté (Cnil) avait validé le projet.

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A l’heure de la publication de cet article, ZDNet n’a pas été en mesure d’obtenir la confirmation de la Cnil concernant cette validation.


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