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EADS progresse vite sur le marché américain de la défense

Jim Wolf et Bill Rigby, Reuters

vendredi 18 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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L’implantation d’EADS sur le marché américain de la défense progresse plus rapidement que prévu et le groupe a les moyens de financer des acquisitions, a déclaré son co-président Thomas Enders.

Il y a cinq ans, lors de son entrée aux Etats-Unis, EADS n’était "pas sûr" de pouvoir emporter rapidement des contrats importants, a-t-il expliqué lors d’un entretien accordé à Reuters.

"Nous savions dès le début qu’il s’agissait d’une stratégie à long terme, ce qui est toujours le cas", a-t-il ajouté, avant de souligner que les progrès accomplis jusqu’à présent l’avaient surpris.

EADS s’est notamment associé à Northrop Grumman, un groupe américain, pour présenter une offre commune dans l’espoir d’emporter l’énorme contrat des ravitailleurs de l’armée de l’air américaine, dont le montant pourrait atteindre 100 milliards de dollars.

EADS a remporté en juin dernier son premier contrat avec l’US Air Force, à qui il fournira l’hélicoptère UH-145, version militaire d’un modèle d’Eurocopter. L’Air Force pourrait commander jusqu’à 352 exemplaires de l’appareil sur 10 ans pour un montant global susceptible de dépasser deux milliards de dollars.

Pour Enders, les progrès rapides accomplis par la maison-mère d’Airbus sur le marché américain de la défense s’explique par les performances des salariés du groupe et par "l’esprit d’ouverture dans lequel nous sommes traités par les gens avec lesquels nous réalisons des investissements industriels, comme en Alabama."

La filiale nord-américaine d’EADS et Northrop Grumman ont choisi Mobile, en Alabama, pour bâtir une usine d’assemblage du ravitailleur candidat au contrat de l’US Air Force.

Celle-ci prévoit d’acheter dans un premier temps 179 avions ravitailleurs pour 40 milliards de dollars. Sur ce dossier, EADS et Northrop sont opposés à Boeing.

En dépit des difficultés du très gros porteur A380 d’Airbus, qui oblige le constructeur à mener d’importantes restructurations, EADS dispose encore de moyens importants pour réaliser des acquisitions, a assuré Enders.

CIBLES POTENTIELLES

"Il n’y a aucune raison de penser qu’à cause des problèmes d’Airbus nous ne pourrions pas procéder à des acquisitions, que ce soit ici ou en Europe", a-t-il dit.

La trésorerie nette d’EADS s’élevait à 4,2 milliards d’euros fin 2006 selon son rapport annuel, après le rachat pour 2,75 milliards des 20% d’Airbus détenus jusqu’à l’an dernier par le britannique BAE Systems.

Enders s’est refusé à tout commentaire sur le calendrier possible d’une première acquisition aux Etats-Unis, se contenter de dire : "Quand le moment sera venu."

EADS court le risque de voir BAE Systems le dépasser à terme sur le marché américain de la défense. Le groupe britannique a conclu il y a deux semaines le rachat d’Armor Holdings, spécialiste des blindages et des gilets pare-balles, pour environ quatre milliards de dollars. Il y a deux ans, il avait acquis United Defense Industries, un constructeur de véhicules blindés, pour un montant similaire.

Plusieurs fournisseurs du Pentagone de moyenne taille pourraient constituer des cibles potentielles pour EADS. Le plus important d’entre eux pourrait être L-3 Communications Holdings, un spécialiste de l’électronique de cockpit, dont le fondateur, Frank Lanza, est décédé l’an dernier.

L-3, dont la capitalisation boursière avoisine 12 milliards de dollars, a été au centre de spéculations de rachat l’an dernier mais le groupe a alors assuré ne pas chercher un acquéreur.

Parmi les autres sociétés de taille moyenne susceptibles d’intéresser EADS figurent DRS Technologies et EDO, deux spécialistes de l’électronique de défense.

Enders s’est refusé à tout commentaire sur l’existence possible d’un réflexe anti-européen ou sur les campagnes sur le thème "Achetez américain" qui pourraient handicaper la candidature d’EADS au contrat des avions ravitailleurs.

"Loyal ou déloyal, je ne suis pas ici pour me plaindre des obstacles que nous rencontrons sur le marché américain", a-t-il dit. "Les choses ont évolué plus favorablement que ne le pensaient beaucoup d’entre nous, côté européen, il y a quelques années."


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