mercredi 13 décembre 2017

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L’OTAN s’alarme des cyberattaques dont est victime l’Estonie

Le Monde, avec AP et AFP

vendredi 18 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Les experts de l’OTAN désignés pour enquêter sur les attaques qui secouent les principaux sites Internet estoniens depuis plusieurs semaines se sont alarmés, vendredi 18 mai, contre l’ampleur de cette attaque.

"C’est grave parce que cela a été concerté. Ce n’est clairement pas quelque chose que pourraient faire deux adolescents, quelle que soit leur motivation", a indiqué un responsable de l’OTAN à propos des cyberattaques qui ont paralysé de nombreux sites officiels en Estonie. Des membres de l’unité NCSA, spécialisée dans la lutte contre le cyberterrorisme, se sont rendus à Tallinn et sont en contact quotidien avec leurs homologues estoniens. Des experts estoniens sont également venus à Bruxelles, où des investigations sont menées.

UNE NOUVELLE FORME DE TERRORISME

"Actuellement, l’OTAN ne définit pas les cyberattaques comme un acte de guerre", explique le ministre de la défense estonien, Jaak Aaviksoo, soulignant que "l’article V du traité nord-atlantique, c’est-à-dire la défense collective, n’est pas applicable". "Si un aéroport ou une banque sont attaqués au missile, c’est la guerre. Mais si on fait la même chose avec des ordinateurs... comment appelle-t-on cela ?" s’est demandé le porte-parole du département de la défense, Madis Mikko. Le président estonien, Toomas Hendrik, n’a pas hésité, pour sa part, à considérer ces actes de déstabilisation comme une nouvelle forme de terrorisme.

L’Estonie est particulièrement vulnérable à ce genre d’attaques, la majorité de ses institutions ayant adopté la norme "sans-papier" et évoluant presque exclusivement sur Internet. L’agence gouvernementale qui surveille ce réseau, le Centre informatique estonien (CIE), a souligné la durée inhabituelle de ces attaques, qui se sont déroulées sur plusieurs semaines, ce qui est "très nouveau dans le monde informatique". "C’est pour cela que la question a été portée à l’attention de l’OTAN et de l’Union européenne", a insisté une porte-parole du CIE, dont le site était inaccessible vendredi.

UNE QUESTION ABORDÉE LORS DU SOMMET UE-RUSSIE

Depuis le début de la crise, provoquée par le déplacement d’un monument à la gloire des soldats soviétiques à Tallinn, les principaux sites de l’administration estonienne, ainsi que ceux de banques et de journaux, ont été la cible d’attaques dites de déni de service, ou "flood", qui consistent à saturer un serveur en envoyant un très grand nombre de requêtes simultanément.

Les autorités estoniennes ont affirmé que ces requêtes provenaient des quatre coins du globe, mais également de serveurs de l’administration russe, mettant indirectement en cause le Kremlin. Moscou a démenti ces informations. En revanche pour Merit Kopli, rédacteur en chef du journal estonien Postimees, dont le site a été attaqué, il n’y a aucun doute sur l’origine de ces agressions. "Elles viennent de Russie. C’est politique", assure-t-il au quotidien anglais The Guardian.

A l’issue du sommet de Samara, qui réunissait, jeudi 17 et vendredi 18 mai, la Russie et l’Union européenne, la question a été abordée, à la demande de l’Estonie, sans que l’on sache pour le moment si des décisions ont été prises. La cybersécurité devrait également être au menu de la prochaine réunion de l’OTAN, en juin.


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