mardi 12 décembre 2017

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Un conseiller de M. Sarkozy inculpé en Belgique

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

samedi 19 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Patrick Ouart, fraîchement nommé conseiller à la justice du président Nicolas Sarkozy, pourrait prochainement être cité devant un tribunal bruxellois, a indiqué, vendredi 18 mai, le site Internet Capital.fr. M. Ouart a effectivement été inculpé - mis en examen - en Belgique pour son rôle présumé dans une affaire baptisée "l’Electragate", un piratage informatique nocturne organisé, en 2004, chez Electrabel, la filiale belge détenue à 50,01 % par le groupe Suez. Le parquet a réclamé sa comparution. La date d’un éventuel procès n’est pas fixée. Les réquisitions du ministère public visaient, en 2006, M. Ouart, ex-secrétaire général de Suez, et Jean-Pierre Hansen, patron belge du pôle énergétique et numéro 2 de Suez. Trois informaticiens français ont été également mis en examen.

NOTES À ALBERT FRÈRE

Le dossier de la justice bruxelloise évoque des faits d’espionnage, de piratage et d’interception de communications privées. Ils remontent à une époque où la tension était vive chez Electrabel, qui redoutait une offre hostile de rachat de l’électricien espagnol Iberdola. L’homme d’affaires Albert Frère critiquait alors la gestion de Gérard Mestrallet, le patron de Suez. Or une rumeur indiquait que le magnat belge était en possession de notes concernant Ibderdola. Elles étaient peut-être rédigées, croyait-on chez Electrabel, par un cadre de l’entreprise. En fait, ce dirigeant portait le même nom qu’un collaborateur de M. Frère, auteur de notes sur le sujet.

Selon la version de M. Hansen, il convenait de vérifier l’ordinateur du cadre concerné et, plus généralement, la sécurité du parc informatique d’Electrabel. M. Ouart était chargé de recruter les prestataires de ce travail.

La "simple" opération de sécurisation serait devenue, selon la police belge, une opération plus vaste : un logiciel d’espionnage a été placé sur un ordinateur, et les fichiers de trois cadres auraient été copiés. Troublant : quelques semaines plus tard, le bureau de la personne soupçonnée d’être la "taupe" d’Albert Frère était fracturé et son ordinateur détruit.

Les enquêteurs belges en ont apparemment conclu que toute l’opération avait été montée par la direction du groupe Suez. Celui-ci dément, depuis 2004, toute implication et réaffirme son soutien à M. Hansen. En 2006, quand le parquet a demandé la comparution de M. Ouart devant un tribunal, la société évoquait toujours un "droit normal de vérification sur une filiale".

Aux termes de la loi belge, les auteurs des faits incriminés risquent jusqu’à 1 million d’euros d’amende et cinq ans de prison.


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