mercredi 18 octobre 2017

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Suez a-t-elle espionné Electrabel ?

Belga

lundi 21 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Le parquet de Bruxelles a confirmé qu’il comptait demander devant la chambre du conseil le renvoi en correctionnelle de la SA Suez et de cinq personnes physiques dans le cadre du dossier connu sous le vocable "Electragate".

Cette affaire a trait à une présumée tentative d’espionnage industriel menée en février 2004 par le groupe français Suez sur sa filiale belge à 51% Electrabel. Les relations étaient alors tendues entre Suez et Electrabel, qui contribuait alors largement aux bénéfices de Suez. Suez affichait alors de très mauvais résultats et craignait une offre hostile du groupe espagnol Iberdrola. Suez a pris, à l’automne 2005, le contrôle total d’Electrabel.

Un employé a remarqué en février 2004 que l’on avait placé un mouchard sur son ordinateur. Une plainte a alors été déposée par Electrabel. L’instruction ouverte a confirmé qu’un tel appareil, un mouchard, avait été placé sur l’ordinateur et qu’il permettait de déceler ce que l’employé tapait sur son ordinateur, a expliqué jeudi le parquet de Bruxelles.

Le juge a terminé son instruction et a remis son dossier au parquet pour ses réquisitions. "Les infractions retenues par le parquet ressortent de la sphère informatique", a précisé la subsitute Wenke Roggen. Il s’agit d’incitation au hacking pour Suez, un employé d’Electrabel et un employé de Suez, de hacking et d’interception de communications privées pour Suez et les cinq personnes physiques.

Les peines prévues vont de six mois à cinq ans et une amende allant jusqu’à un million d’euros pour l’incitation au hacking, de six mois à un an et d’un maximum de 500.000 euros pour le hacking et d’un an à trois ans et d’un maximum de 250.000 euros pour l’interception de communications privées.

Les chefs d’inculpation d’abus de biens sociaux et de vols avec effraction, prononcés en cours d’instruction, n’ont pas été retenus par le parquet dans son réquisitoire, a dit Mme Roggen. Elle a souligné qu’en cours d’enquête des commissions rogatoires avaient été menées en France.

Mme Roggen n’a pas voulu confirmer les noms de Jean-Pierre Hansen (numéro 2 de Suez) et de Patrick Ouart (ancien secrétaire général), mentionnés jeudi matin par L’Echo et De Tijd.

Le parquet avait cependant signalé l’année dernière qu’ils figuraient parmi les inculpés. "Pour ma part, je ne citerai aucun nom", a dit Mme Roggen.

Lorsque l’affaire avait éclaté, M. Hansen, interrogé par les enquêteurs, n’avait pas nié s’être introduit de nuit en février 2004 dans les locaux d’Electrabel à Bruxelles avec trois informaticiens. M. Hansen, qui était au moment des faits président d’Electrabel et directeur opérationnel de Suez, avait expliqué qu’il avait voulu tester l’efficacité des systèmes de sécurité d’Electrabel.

La chambre du conseil devrait débuter en septembre ou octobre l’examen des demandes de renvois du parquet, a précisé Mme Roggen. On ne peut pas s’attendre à un procès éventuel avant six mois, a-t-elle ajouté.


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