mercredi 13 décembre 2017

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Des proches du président de la République aux postes-clés de la police

Rémy Bellon, AFP

mercredi 23 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Des proches de Nicolas Sarkozy ont été nommés mercredi à des postes-clés dans la police, signe, selon des sources policières, que les réformes qui vont être engagées par la place Beauvau seront suivies de près par l’Elysée.

La surprise est venue de Frédéric Péchenard, 50 ans, patron de la police judiciaire (PJ) parisienne, nommé directeur général de la police nationale (DGPN) mercredi en Conseil des ministres en remplacement de Michel Gaudin.

C’est un homme proche de M. Sarkozy, le président de la République ayant manifesté, de longue date, sa volonté de le voir accéder à de hautes fonctions. M. Péchenard, professionnel réputé ayant fait toute sa carrière dans la PJ parisienne, connaît ainsi une "ascension fulgurante", selon un avis unanime dans la police, ce poste étant réservé d’ordinaire à un préfet.

Il succède à M. Gaudin, 58 ans : cet autre proche du président de la République, DGPN depuis 2002 et qui a notamment "tenu" la place Beauvau durant la campagne présidentielle, est nommé le même jour préfet de police de Paris, le poste le plus envié dans la carrière préfectorale.

Au coeur des grandes et petites affaires de l’Etat, M. Gaudin va diriger quelque 19.000 policiers, du simple gardien de la paix aux enquêteurs des brigades criminelles ou financière, en charge des affaires les plus sensibles.

Le préfet de police est réputé "l’homme le mieux renseigné de France", la préfecture de police passant pour un "Etat dans l’Etat".

Les deux hommes, M. Péchenard en tête, "devront mettre en chantier une véritable réorganisation" de la police nationale, ont souligné des sources policières pour lesquelles leur nomination marque la volonté de l’Elysée de suivre de prêt ce que certaines entrevoient comme une "révolution".

La réforme vise une refonte complète des structures avec la création de "cinq grandes directions" (renseignement, investigation, ordre public, formation et international), qui implique un bouleversement des habitudes avec, à la clé, la disparition ou la modernisation de directions en place depuis des années.

Autre enjeu : un rapprochement renforcé police (de statut civil) - gendarmerie (de statut militaire), avec une "globalisation" des budgets à laquelle Michèle Alliot-Marie n’était guère favorable du temps où elle était à la tête du ministère de la Défense.

Mme Alliot-Marie, selon ces sources policières, a reçu sa "feuille de route" de la part de l’Elysée "dans cet esprit".

La nomination officielle, - imminente, selon ces mêmes sources -, de Michel Delpuech, ancien préfet des Hauts-de-Seine, préfet de la Corse-du-sud depuis février 2006, comme directeur de son cabinet à Beauvau, "complète l’éventail des proches de M. Sarkozy" nommés à des postes clés, indiquent ces mêmes sources.

Les syndicats de police, un fort lobby dans le monde policier, ont réagi avec prudence à ces nominations.

Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SGPN - majoritaire), dans un communiqué, a vu dans la nomination de M. Péchenard une "première" et "un message fort adressé à l’ensemble des policiers".

Même unanimité chez les syndicats d’officiers de police, Synergie observant que MM. Gaudin et Péchenard vont "être confrontés à de grands défis".

Selon Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance (2d syndicat de gardiens de la paix), "la nomination de Péchenard peut surprendre, c’est peu courant".

"C’est sans doute une nouvelle méthode de travail", a dit M. Delage à l’AFP, ajoutant : "Je veux en tout cas être reçu rapidement par Mme Alliot-Marie car il y a des réformes à mettre en oeuvre rapidement".


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