mercredi 13 décembre 2017

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Le SCRS a tardé à suivre le principal suspect de l’attentat contre Air India

Presse Canadienne

vendredi 25 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Les inquiétudes devant le terrorisme sikh passaient souvent derrière les jeux d’espionnage de la guerre froide dans les mois qui ont précédé l’attentat contre un avion d’Air India en 1985, a déclaré un témoin devant la commission d’enquête.

Ray Kobzey, un ancien enquêteur antiterroriste au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), a indiqué jeudi qu’il avait eu de la difficulté à convaincre ses supérieurs à déployer une équipe de surveillance pour suivre Talwinder Singh Parmar, qui est éventuellement devenu le principal suspect de l’attentat contre le vol 182 d’Air India qui a tué 329 personnes.

"Il y avait beaucoup trop de requêtes pour des ressources trop peu nombreuses, a dit M. Kobzey. Il y avait une concurrence féroce pour les ressources, malheureusement."

Il a mentionné qu’à l’époque la priorité allait généralement à des cibles de contre-espionnage traditionnelles comme des espions présumés de l’Union soviétique, d’autres pays est-européens ou de la Chine.

M. Kobzey a eu besoin de deux mois, du début avril au début juin, pour convaincre Ken Osborne, alors directeur adjoint de opérations au SCRS pour la Colombie-Britannique, de déployer une équipe pour suivre Parmar.

Ce dernier avait été identifié selon des documents internes comme "le plus radical et potentiellement le plus dangereux sikh au pays", a ajouté l’ancien enquêteur du SCRS.

Le service avait alors donné préséance à une cible russe et Osborne était hésitant à offrir des ressources pour les sikh, a dit M. Kobzey.

"Ca a pris un peu de tordage de bras verbal de ma part, a affirmé M. Kobzey. J’ai perdu ma place sur sa liste de cartes de Noël, pour dire ça simplement."

Même quand la surveillance de Parmar a été autorisée, ce devait être pour une seule journée, le 5 juin 1985. Deux agents du SCRS l’avait alors suivi dans un bois près de Duncan, en Colombie-Britannique, où ils avaient entendu une déflagration.

L’équipe du SCRS avait d’abord cru que c’était un tir d’armes à feu et a continué la surveillance, craignant que le Babar Khalas, la secte militante de Parwar, ait planifié l’assassinant du premier ministre indien de l’époque, Rajiv Ghandi, qui devait se rendre aux États-Unis plus tard le même mois.

La surveillance a été interrompue deux jours avant l’attentat contre le vol 182 alors que les ressources ont été redéployées pour suivre un autre présumé espion soviétique.

Ce n’est qu’après l’attentat que le SCRS a réalisé que l’excursion dans le bois près de Duncan avait permis à Palmar et à un de ses associés Inderjit Singh Reyat, de faire des essais d’explosifs.

M. Kobzey, qui était en vacance quand la surveillance a été interrompue, a appris la tragédie de la femme d’un collègue le 23 juin.


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