jeudi 19 octobre 2017

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D’anciens agents des services de renseignement mobilisés

Y. M., le Monde

vendredi 25 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Pour être à la pointe de la lutte contre tous les trafics de médicaments, les laboratoires pharmaceutiques se sont attaché les services de spécialistes très particuliers.

Jacques Franquet, directeur de la sécurité de Sanofi-Aventis, est un ancien préfet diplômé de criminologie. Thomas Thorp, directeur des affaires européennes du laboratoire américain Eli Lilly, a appris à lutter contre les transports illicites de marchandises à la Royal Navy. James Christian, directeur de la sécurité du laboratoire suisse Novartis, est un ancien agent spécial des services secrets américains...

Anciens du FBI, de la CIA, de la DGSE ou du MI5 (respectivement les services de renseignement américains, français et britannique), ces personnes dirigent des départements richement dotés en hommes et en matériel - " on ne m’a jamais mégoté les moyens", reconnaît M. Franquet - et mènent des enquêtes approfondies sur les réseaux de trafiquants.

RISQUES TERRORISTES

Parce que les services officiels de police et de douane sont à la peine faute de personnel et de moyens, les laboratoires - comme d’ailleurs toutes les grandes marques susceptibles de voir leurs produits contrefaits - montent leurs propres services de renseignement.

Le 27 avril, si des perquisitions ont eu lieu au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suède et si plusieurs personnes ont été arrêtées pour mettre fin à une contrebande de rimonabant, la molécule antiobésité de Sanofi-Aventis, c’est parce que le laboratoire a commencé par réunir lui-même les pièces du dossier.

Quand, le 14 mai, les douaniers français annoncent la saisie de 49 790 boîtes de faux Viagra, on peut être sûr qu’il y a eu à l’origine un travail d’enquête des services de sécurité de Pfizer, propriétaire des brevets.

Les services de police officiels ou privés s’inquiètent aussi d’une tendance lourde : la jonction entre réseaux mafieux et réseaux terroristes. Le Hezbollah libanais, qui a déjà été pris la main dans le sac pour des trafics de stupéfiants et de cigarettes, est soupçonné de s’intéresser aux médicaments.

"Importer impunément des produits de santé, ça ouvre la voie au terrorisme" - sous-entendu bactériologique -, affirmait, le 14 mai, Jean-François Dehecq, président de Sanofi, lors d’un colloque à Bruxelles sur la contrefaçon.


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