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Le renseignement américain avait prédit les difficultés en Irak

AFP

samedi 26 mai 2007, sélectionné par Spyworld

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Les services de renseignement américains avaient averti l’administration Bush avant l’invasion de l’Irak que le réseau al-Qaïda pourrait s’introduire en Irak et que l’apprentissage de la démocratie ne serait pas facile, selon un rapport du Congrès publié hier.

Ce rapport de la Commission sénatoriale du renseignement relève également que les analystes prédisaient que l’Iran profiterait du vide politique en Irak.

Les démocrates membres de cette commission affirment ignorer si le président Bush avait été personnellement informé des conclusions des services de renseignement.

Ils indiquent toutefois que le rapport révèle « une communication régulière de mises en garde aux conseillers du président Bush les avertissant que parvenir à faire régner la paix en Irak s’avérerait difficile et incertain ».

Les services de renseignement avaient également évalué à l’époque que l’Irak était une société profondément divisée qui éclaterait en conflits internes violents si les forces d’occupation ne l’empêchaient pas.

« Un des avertissements les plus prophétiques des services de renseignement avant la guerre était que l’invasion américaine générerait une instabilité en Irak qui serait exploitée par l’Iran et par les terroristes d’al-Qaïda », ont indiqué les sénateurs démocrates Jay Rockefeller, Ron Wyden, Evan Bayh et Sheldon Whitehouse, membres de la commission.

Mais les membres républicains de la commission se sont plaints que le rapport a été entaché de chicaneries politiques et partisanes.

« Nous croyons que ce rapport exagère la signification des informations recueillies par les services de renseignement avant la guerre en Irak », écrivent les sénateurs républicains John Warner, Christopher Bond, Orrin Hatch et Richard Burr.

Par ailleurs, le chef radical chiite irakien Moqtada al-Sadr est sorti de la clandestinité hier en se rendant à la mosquée de Koufa, au sud de Bagdad, où il a tendu la main aux sunnites et prononcé un sermon hostile aux États-Unis.

« Non, non à l’Amérique ! Non, non au colonialisme ! Non, non à Israël ! Non, non à Satan ! », a lancé lors de la prière du vendredi Moqtada al-Sadr, qui n’était plus apparu en public depuis octobre 2006.

Sadr était réfugié en Iran, selon l’armée américaine, tandis que ses fidèles assuraient qu’il était toujours à Koufa.

« Je veux renouveler notre demande du départ de l’occupant. Nous avons rassemblé suffisamment de voix au Parlement pour bloquer tout renouvellement du mandat américain en Irak », a-t-il ajouté devant plus d’un millier de fidèles.

Malgré ce sermon antiaméricain, la Maison-Blanche a appelé Sadr à jouer un rôle « utile et positif » en Irak.

Moqtada al-Sadr a par ailleurs ordonné à sa milice, l’armée du Mehdi, de ne pas se battre contre les forces de sécurité irakiennes, alors que des affrontements les ont récemment opposées dans plusieurs villes du sud et du centre de l’Irak.

L’armée du Mehdi, qui compte selon les estimations entre 10 000 et 60 000 combattants, bénéficie d’un large soutien chez les chiites de Bagdad et les classes défavorisées des villes du sud.

Le chef chiite a en outre tendu la main à la communauté sunnite.

« J’ai parlé à nos frères sunnites et leur ai dit que nous sommes des frères et que l’occupant ne doit pas nous diviser. Ils sont les bienvenus et nous sommes prêts à coopérer avec eux à tous les niveaux. C’est la main que je leur tends », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, l’armée américaine a encore perdu six hommes en Irak, au moment même où à Washington le Congrès cédait au président George W. Bush, votant une loi de financement de la guerre sans calendrier de retrait des troupes.


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